Le bruit déborde de partout. Ses ravages suscitent une inquiétude croissante. Un programme international d'études d'impact pour évaluer le bruit dans les océans vient d'être lancé (Le Monde du 3 septembre). Un ouvrage récemment paru, Le Son comme arme, les usages militaires et policiers du son (La Découverte, 180 p., 16 euros), qui décrit
les capacités dévastatrices des impulsions acoustiques, note qu'aujourd'hui "l'espace sonore est sommé de se plier à la raison sécuritaire et commerciale".
Même inquiétude, plus générale, en ce qui concerne notre vie quotidienne. Il a fallu attendre décembre 1992 pour l'inscription dans le code de l'environnement d'une loi relative à la lutte contre le bruit, et quinze ans de plus pour la présentation d'un rapport parlementaire sur la question. L'un des intérêts majeurs de ce dernier réside dans l'attention qu'il accorde à tous les bruits, sans se limiter à l'approche centrée sur les transports et le travail. Soucieux de favoriser "un certain art de vivre ensemble dans un espace sonore harmonieusement partagé", il formule dix-neuf propositions, dont quatre sont consacrées aux bruits de voisinage, cause de souffrance pour 20 % des Français.
Parmi ces nuisances dominent la musique amplifiée, le volume des postes de télévision et de radio, les bruits de chantiers, les aboiements, les pétarades de cyclomoteurs, les conversations la nuit aux terrasses des cafés, qu'il faudrait compléter - inventaire non exhaustif - par les tondeuses, élagueuses, souffleurs de feuilles, par les taille-haies, les éoliennes, les rave-parties, les canons effaroucheurs d'oiseaux à la campagne, par les avions de tourisme, les hélicoptères, les dameuses de neige, les hors-bord, les jet-skis sur les côtes, outre les excès phoniques de toute nature qui polluent l'espace urbain jusqu'à contaminer désormais le silence des hôpitaux et des cliniques.
Les propositions du rapport parlementaire portent pour l'essentiel sur l'information du public, l'éducation des jeunes à l'école, la médiation entre particuliers, avec la création de "référents bruit" dans la police et la gendarmerie, et, globalement, sur l'application de la législation en vigueur. L'expérience prouve que les forces de l'ordre se montrent peu disponibles pour se déplacer à l'occasion de plaintes liées au bruit.
Ces propositions de bon sens déboucheront peut-être sur quelques progrès, mais, dans les faits, elles s'apparentent à des voeux pieux. En témoigne l'échec de la réglementation relative à la neutralisation phonique des engins de chantiers : pour s'en convaincre, il suffit de marcher dans les rues ou d'ouvrir sa fenêtre. Malgré ses qualités, le travail de la mission parlementaire ne changera donc strictement rien, ou pas grand-chose, à la situation actuelle, faute de propositions énergiques.
Le rapporteur le député UMP, Philippe Meunier, plaide pour l'application du principe "pollueur payeur" en matière de pollution sonore comme pour les pollutions industrielles. Il a entièrement raison. Mais alors il faut en tirer, comme pour les pollutions industrielles, toutes les conséquences. Or l'énoncé de ce principe ne s'accompagne d'aucun projet d'action qui soit à la hauteur des ravages observés.
Il est impératif, par exemple, d'oeuvrer avec les industriels à la disparition des engins de jardinage aussi bruyants que polluants. Il en va de même pour les outils de bricolage, et plus encore pour les engins de travaux publics, y compris pour les méthodes de construction d'immeubles et de bâtiments divers.
Ce serait agir dans l'intérêt des ouvriers autant que du voisinage. Autre exemple : qu'attend-on pour engager une vaste opération de sensibilisation du public contre les méfaits du bruit et pour le droit au silence comme on sait le faire pour d'autres causes, sécurité routière, tabac, alcool, etc. ? Le rapport en mentionne la nécessité sans insister. C'est très regrettable. Il eût été également opportun de prévoir un calendrier pour la mise en oeuvre des propositions avancées, qui se limitent finalement à de simples suggestions.
On ne peut plus laisser les nuisances sonores accroître leur emprise. Problème de santé publique, sans aucun doute.
Mais pas seulement : une société esclave du bruit entretient une relation étroite avec la violence. Elle favorise les incivilités tout en aiguisant la véritable souffrance, le plus souvent dédaignée, voire méprisée, des personnes qui subissent ces nuisances. Elle nourrit les antagonismes de la vie courante. La crise financière, avec, à la clé, l'aggravation du chômage et des tensions sociales, ne peut qu'accentuer le phénomène.
En second lieu, la société du bruit va à contre-courant de cette société de la connaissance où se joue d'ores et déjà la prospérité du pays. A titre indicatif, le rapport note la forte entrave que constitue, pour les jeunes qui étudient, un environnement bruyant. La remarque vaut pour toutes les formes de travail intellectuel. Comment concilier l'étude et le raffut, le savoir et le vacarme ?
Enfin, il serait temps qu'on reconnaisse effectivement à chaque citoyen le droit à la tranquillité sonore que lui reconnaît déjà le code de la santé publique, de même que la Constitution lui reconnaît le droit à la sécurité. Aussi est-il indispensable que la lutte contre le bruit figure parmi les enjeux du débat à l'occasion de la prochaine élection présidentielle.
Jean-Michel Delacomptée, écrivain et essayiste
ARTICLE PARU DANS LE MONDE DU 26 SEPTEMBRE 2011
mercredi 28 septembre 2011
lundi 19 septembre 2011
L'éolien terrestre est un paradis fiscal
« Paradis fiscal » évoque souvent une île tropicale lointaine. Mais il y a
aussi, sur le territoire français, des « paradis fiscaux », c’est-à-dire des
« niches » tellement vastes que des entrepreneurs intéressés trouvent
place pour s’y protéger. Le mouvement "anti-éolien" demande ici leur
démantèlement.
En cette période de rabotage des niches fiscales, il est d'usage pour les partisans de
l'éolien terrestre de considérer que le secteur n'est pas concerné : le soutien à l'éolien, disent-ils, réside dans le tarif du rachat de l'électricité éolienne et la fixation de celui-ci fait l'objet de procédures différentes n'ayant rien à voir avec la revue des « niches ».
Jean-Louis Bal , nouveau président du Syndicat des énergies renouvelables, estime ainsi
que "les entreprises ne seront pas touchées" par le "rabotage" des avantages fiscaux du Grenelle.
Pourquoi ? En dehors du tarif de rachat - d'ailleurs très abusif -, des dispositions fiscales particulières font de l'éolien terrestre un « paradis fiscal ». Il n'est pas délocalisé dans une île exotique : c'est un « paradis franco-français ».
L'examen des mesures gouvernementales auquel vont se livrer les parlementaires ne
doit pas se contenter de raboter les avantages fiscaux consentis aux particuliers
lorsqu'ils procèdent à des travaux favorables au développement durable. Il doit
« déconstruire » totalement l'ensemble de la fiscalité lorsqu'elle est à l'évidence taillée sur mesure pour avantager quelques acteurs économiques.
Par quelques lois, l'Etat a consenti des avantages particuliers à une poignée insignifiante de bénéficiaires (cinq ou six grandes entreprises, quelques dizaines de promoteurs et une infime minorité d'agriculteurs). Il s'agit de véritables lois d'exception quasi-féodales qui instituent de vrais privilèges et dont le poids pèse sur tous les citoyens et apparait encore plus choquant aujourd'hui qu'hier, dans un contexte de traque aux économies budgétaires.
L'articulation entre eux de ces avantages exorbitants du droit commun confère à cette
industrie une rentabilité exceptionnelle qui en fait une bulle spéculative.
La liste des avantages est très longue. On la trouvera dans le rapport que la FED avait
remis à la commission mixte du Grenelle de l'Environnement et qu'elle tient à disposition de chacun. M. François d'Aubert, chargé auprès de Mme Lagarde d'une mission
d'information sur les paradis fiscaux avait dit que l'effet des mesures fiscales dérogatoires dénoncées serait chiffré par le ministère : cela, selon nos informations, a effectivement été fait mais les chiffres n'ont jamais été rendus publics, sans doute parce qu'ils étaient trop éloquents. Peut-être serait-il temps de publier ce chiffrage !
Il y a des dispositions fiscales pour tout le monde.
D'abord à l'usage des promoteurs : elles favorisent la création d'une multiplicité
d'entreprises à capitaux fermés, voire familiaux, avec une incitation accentuée aux
projets en milieu rural. Les cessions peuvent facilement être exonérées d'impôt sur les
plus-values par la création d'une société holding familiale. Les produits de cession
peuvent être replacés dans les mêmes conditions en créant un effet « boule de neige ».
Le coût des éoliennes est totalement déductible du revenu en douze mois alors qu'il
devrait l'être sur la durée de vie estimée à quinze ans.
Il y a des dispositions fiscales à l'usage des agriculteurs, qui favorisent les propriétaires et exploitants fonciers en leur offrant des perspectives de rentes supplémentaires à leur activité agricole. Enfin, il y en a pour les investisseurs non exploitants.
C'est tout cycle financier des éoliennes qui est intégré dans la défiscalisation. La filière éolienne est organisée pour être une économie défiscalisée et spéculative bien plus qu'une filière énergétique
L'importance des aides à cette filière est d'autant plus paradoxale que, pour la France, cette filière est peu créatrice d'emplois, stérile en innovation, commercialement déficitaire et nuisible au potentiel touristique. Elle accentue le déficit budgétaire de l'Etat en asséchant les possibilités de soutien à d'autres pans de l'économie nationale.
Arnaud Casalis - article paru le 15/09/2011 dans la revue économique L'EXPANSION
aussi, sur le territoire français, des « paradis fiscaux », c’est-à-dire des
« niches » tellement vastes que des entrepreneurs intéressés trouvent
place pour s’y protéger. Le mouvement "anti-éolien" demande ici leur
démantèlement.
En cette période de rabotage des niches fiscales, il est d'usage pour les partisans de
l'éolien terrestre de considérer que le secteur n'est pas concerné : le soutien à l'éolien, disent-ils, réside dans le tarif du rachat de l'électricité éolienne et la fixation de celui-ci fait l'objet de procédures différentes n'ayant rien à voir avec la revue des « niches ».
Jean-Louis Bal , nouveau président du Syndicat des énergies renouvelables, estime ainsi
que "les entreprises ne seront pas touchées" par le "rabotage" des avantages fiscaux du Grenelle.
Pourquoi ? En dehors du tarif de rachat - d'ailleurs très abusif -, des dispositions fiscales particulières font de l'éolien terrestre un « paradis fiscal ». Il n'est pas délocalisé dans une île exotique : c'est un « paradis franco-français ».
L'examen des mesures gouvernementales auquel vont se livrer les parlementaires ne
doit pas se contenter de raboter les avantages fiscaux consentis aux particuliers
lorsqu'ils procèdent à des travaux favorables au développement durable. Il doit
« déconstruire » totalement l'ensemble de la fiscalité lorsqu'elle est à l'évidence taillée sur mesure pour avantager quelques acteurs économiques.
Par quelques lois, l'Etat a consenti des avantages particuliers à une poignée insignifiante de bénéficiaires (cinq ou six grandes entreprises, quelques dizaines de promoteurs et une infime minorité d'agriculteurs). Il s'agit de véritables lois d'exception quasi-féodales qui instituent de vrais privilèges et dont le poids pèse sur tous les citoyens et apparait encore plus choquant aujourd'hui qu'hier, dans un contexte de traque aux économies budgétaires.
L'articulation entre eux de ces avantages exorbitants du droit commun confère à cette
industrie une rentabilité exceptionnelle qui en fait une bulle spéculative.
La liste des avantages est très longue. On la trouvera dans le rapport que la FED avait
remis à la commission mixte du Grenelle de l'Environnement et qu'elle tient à disposition de chacun. M. François d'Aubert, chargé auprès de Mme Lagarde d'une mission
d'information sur les paradis fiscaux avait dit que l'effet des mesures fiscales dérogatoires dénoncées serait chiffré par le ministère : cela, selon nos informations, a effectivement été fait mais les chiffres n'ont jamais été rendus publics, sans doute parce qu'ils étaient trop éloquents. Peut-être serait-il temps de publier ce chiffrage !
Il y a des dispositions fiscales pour tout le monde.
D'abord à l'usage des promoteurs : elles favorisent la création d'une multiplicité
d'entreprises à capitaux fermés, voire familiaux, avec une incitation accentuée aux
projets en milieu rural. Les cessions peuvent facilement être exonérées d'impôt sur les
plus-values par la création d'une société holding familiale. Les produits de cession
peuvent être replacés dans les mêmes conditions en créant un effet « boule de neige ».
Le coût des éoliennes est totalement déductible du revenu en douze mois alors qu'il
devrait l'être sur la durée de vie estimée à quinze ans.
Il y a des dispositions fiscales à l'usage des agriculteurs, qui favorisent les propriétaires et exploitants fonciers en leur offrant des perspectives de rentes supplémentaires à leur activité agricole. Enfin, il y en a pour les investisseurs non exploitants.
C'est tout cycle financier des éoliennes qui est intégré dans la défiscalisation. La filière éolienne est organisée pour être une économie défiscalisée et spéculative bien plus qu'une filière énergétique
L'importance des aides à cette filière est d'autant plus paradoxale que, pour la France, cette filière est peu créatrice d'emplois, stérile en innovation, commercialement déficitaire et nuisible au potentiel touristique. Elle accentue le déficit budgétaire de l'Etat en asséchant les possibilités de soutien à d'autres pans de l'économie nationale.
Arnaud Casalis - article paru le 15/09/2011 dans la revue économique L'EXPANSION
vendredi 26 août 2011
Un ornithologue étudie l'impact des éoliennes sur les oiseaux
Si l'énergie éolienne est moins polluante que d'autres, elle a aussi des conséquences négatives pour l'avifaune et d'autres groupes d'animaux qu'on n'évoque jamais (insectes, araignées) : elle perturbe notamment la circulation aérienne des organismes vivants ejusqu'à 250 m de hauteur.
Son développement en France était encore y a peu moins important que dans les pays voisins, mais les autorités ont décidé de rattraper ce retard et les projets se multiplient désormais, avec souvent une indifférence totale concernant les impacts écologiques. Le principe de précaution préconisé par l'article 5 de la Charte de l'Environnement (qui a valeur constitutionnelle) est souvent oublié.
Dans le cadre de l'installation d'un parc d'éoliennes sur la commune d'Houdain-lez-Bavay dans le Nord, Jean-Charles Tombal, ornithologue au Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN), a réalisé une étude d'impact ornithologique indépendante afin d'apprécier les niveaux de risques de la dégradation écologique programmée dans un rayon de 50 km autour du site prévu, un secteur où vivent des espèces rares comme le Grand-Duc d'Europe, le Faucon pèlerin ou la Cigogne noire. Il propose une méthode qui pourrait être utilisée avant d'autres projets éoliens.
L'auteur
Ornithologue scientifique, membre de nombreuses associations nationales et régionales (dont le Groupe Ornithologique du Nord) et membre de Conseils Scientifiques Régionaux, j'étudie méthodiquement les oiseaux de la région Nord-Pas-de-Calais et de ses abords depuis plus de 40 ans.
J'ai publié de nombreux articles et coordonné la réalisation de l'Atlas régional des oiseaux nicheurs (période 1985-1995) ainsi que l'enquête "Oiseaux" du 15 novembre au 28 février sur la période 2005-2010.
J'étudie particulièrement l'avifaune des milieux forestiers, cultivés et industriels (friches, carrières). Grâce à la protection acquise dans les années 1970, les prédateurs, qui avaient complètement disparu de nos écosystèmes depuis le milieu des années 1960, retrouvent des populations inattendues : j'étudie le phénomène depuis son amorce.
Je ne néglige pas pour autant les oiseaux communs et je réalise des comptages systématiques sur 118 points depuis 1990 selon la méthodologie internationale standardisée. Je fais ces recherches principalement sur les espaces de grande culture dont l'évolution des populations nicheuses m'est ainsi bien connue.
Des inquiétudes croissantes
Depuis quelque temps, mon attention a été attirée par la multiplication de projets éoliens dans le sud-est de la région Nord-Pas-de-Calais. De nombreux articles de presse évoquent ce sujet qui divise les habitants.
Plusieurs responsables d'associations m'ont contacté et ont sollicité mon avis à propos des "zones de développement éolien". La prolifération de parcs gigantesques en Belgique et en Picardie, ainsi que l'installation de nombreux mâts de mesure du vent par les promoteurs aggrave les inquiétudes.
Un parc a déjà été édifié près de chez moi, ce qui me permet d'apprécier les impacts écologiques dans une zone de grande culture que je connais parfaitement. Les premiers résultats sont alarmants, non seulement pour les oiseaux, mais aussi pour des groupes faunistiques qu'on n'évoque jamais (insectes, araignées). Je pense qu'il est de mon devoir d'ornithologue "chevronné" de vous faire part de mes vives inquiétudes quant au choix de certains sites, totalement inappropriés à l'édification de parcs éoliens industriels. Nous allons vers une régression ornithologique majeure. Elle sera progressive, mais profonde (à lire sur Ornithomedia.com : L'énergie éolienne serait une menace pour la biodiversité).
J'essaie ci-après de vous expliquer pourquoi. Je propose également une méthodologie pour la réalisation d'études qui respectent réellement le principe de précaution.
La dégradation de l'écosystème aérien
En raison de leur mode de fonctionnement, les éoliennes sont des installations industrielles très particulières dont le principal impact écologique est de dégrader la qualité de la circulation aérienne des organismes vivants dans les strates situées entre le sol et 250 m d'altitude. Ces strates sont celles qui sont le plus utilisées toute l'année, jour et nuit, par les oiseaux dans leurs différents types de déplacements. Là où on édifie des éoliennes, les oiseaux ne peuvent plus circuler "librement", c'est-à-dire qu'ils ne peuvent plus choisir ni l'itinéraire ni la strate où leur vol serait le mieux adapté aux caractéristiques momentanées de l'air (température, force et direction du vent, visibilité).
Les oiseaux sont obligés d'improviser des vols "d'évitement", soit latéraux, soit verticaux. Un effort "artificiel" leur est donc imposé. Les oiseaux affectés ne sont pas seulement ceux qui nichent dans le secteur mais tous ceux qui sont amenés à utiliser l'espace aérien local pour leurs déplacements, de quelque nature qu'ils soient. Il s'agit d'une dégradation permanente, comme l'est celle provoquée par l'édification d'une autoroute, qui perturbe en permanence les espaces terrestres qu'elle traverse ainsi que l'espace aérien qui les domine sur une hauteur d'environ 25 m.
J'ai eu l'opportunité de mesurer les effets de cette dégradation de l'espace aérien en étudiant les répercussions de l'installation d'un petit ensemble de quatre éoliennes (plus une isolée) à proximité de mon domicile il y a un peu plus d'un an.
Le milieu concerné est une zone de cultures située à la limite du Cambrésis et de l'Avesnois. Avant l'implantation des éoliennes, les espèces remarquables suivantes étaient notées : En période de reproduction, les trois espèces de busards (des roseaux, Saint-Martin et cendré) nichaient, avec un effectif de cinq couples lors des meilleures années pour l'ensemble de la zone (cinq km sur cinq km). La Perdrix grise (Perdix perdix) était abondante (grâce à une bonne gestion des chasseurs) et la Caille des blés (Coturnix coturnix) régulière. Le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), dont un couple niche sur un pylône d'une ligne à haute tension située à cinq km depuis plusieurs années, venait parfois chasser dans le secteur. En période internuptiale (automne, hiver, premier printemps), des groupes de Vanneaux huppés (Vanellus vanellus), de Pluviers dorés (Pluvialis apricaria), de Laridés, de Corvidés, de Pigeons ramiers (Columba palumbus), d'Etourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris), se montant à des centaines d'individus, parfois des milliers, attirant des prédateurs comme le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), les Faucons pèlerins, émerillons (Falco columbarius) et hobereaux (Falco subbuteo) et le Hibou des marais (Asio flammeus).
Toute l'année, des oiseaux non cantonnés transitaient par la zone pour leurs activités biologiques et comportementales (collecte de nourriture, rassemblements pour le repos, la toilette, la communication). Plus la distance à parcourir était importante (elle peut atteindre 50 km), plus la hauteur de vol était élevée (jusqu'à 250 m).
Les conditions atmosphériques influent notablement sur la hauteur de vol et les oiseaux utilisent la strate la plus efficace pour le type de trajet à réaliser. En période de migration, comme dans n'importe quel endroit de la région, la zone est survolée par des millions d'oiseaux. Les déplacements se font essentiellement de nuit et à grande hauteur (plus haut que 250 m). Par nuit claire (pleine lune), on peut les observer et constater qu'ils volent vraiment haut. De jour, les passages se font souvent à une altitude plus réduite et les migrateurs sont visibles. J'ai personnellement observé toutes les espèces qui passent habituellement dans la région. L'éloignement de la mer fait que certaines espèces sont plus ou moins rares.
La présence de plusieurs plans d'eau et d'une vallée dans un rayon de cinq km amène parfois certaines troupes migratrices à voler plus bas (Cygnes tuberculés ou Cigognes blanches par exemple). Suite à l'installation des quatre éoliennes alignées selon un axe NNW-SSE sur 3,5 km, les stratégies spatiales de toutes ces espèces ont été pertubées et les effectifs ont fortement diminué, y compris ceux des migrateurs.
La zone terrestre est presque toujours vide, abandonnée notamment par les espèces grégaires dont les grandes troupes semblent s'être déplacées, sûrement à grande distance puisqu'elles ne sont plus observées dans un vaste secteur autour des éoliennes. L'espace aérien compris entre 0 et 250 m est évidemment beaucoup moins utilisé. Les oiseaux locaux suivent une stratégie adaptée de déplacement entre les éoliennes selon des "'couloirs" : on ne voit plus que des individus solitaires ou de très petits groupes. Il n'y a pas de contournement visible, la déviation latérale devant s'effectuer à grande distance des éoliennes (4 - 5km ?).
Les troupes volant haut (300 m - 500 m) ne semblent pas impactées, mais elles sont moins fréquentes. Les troupes significatives qui s'arrêtent encore et qui descendent se poser près des éoliennes sont composées d'oiseaux qui ne dorment pas dans le secteur. Il s'agit essentiellement de Laridés (surtout des Goélands bruns et des Mouettes rieuses), dont les dortoirs se situent à plusieurs dizaines de kilomètres. Ces oiseaux s'arrêtent lorsque les champs ont été fraîchement labourés et offrent une nourriture abondante. Mais ils se tiennent toujours à distance des éoliennes lorsque les pales tournent.
L'effet répulsif est particulièrement net lorsque un tracteur laboure un champ allongé dont une partie est située sous la zone de rotation : plus l'engin se rapproche des machines, moins les oiseaux restent à proximité. Les goélands partent les premiers, les mouettes restant un peu plus longtemps et parfois quelques rares téméraires s'approchent presque à la verticale des pales. Mais aucun oiseau ne suit le tracteur sous les pales.
La preuve de l'effet répulsif des pales est évidente lorsque les éoliennes s'arrêtent de tourner : cela se produit assez souvent car le vent utile dans le secteur est irrégulier. Les Laridés restent posés à l'écart pendant près d'une demi-heure, puis, jugeant la situation non dangereuse, ils se remettent à circuler dans l'espace aérien redevenu fréquentable, et certains oiseaux n'hésitent pas à passer entre les pales immobiles. Un jour, un Faucon pèlerin s'est même posé sur le capot d'une turbine, devenu un perchoir de chasse idéal ! Mais la moindre oscillation des pales déclenche un envol souvent durable : les oiseaux reviennent rarement sur place.
Son développement en France était encore y a peu moins important que dans les pays voisins, mais les autorités ont décidé de rattraper ce retard et les projets se multiplient désormais, avec souvent une indifférence totale concernant les impacts écologiques. Le principe de précaution préconisé par l'article 5 de la Charte de l'Environnement (qui a valeur constitutionnelle) est souvent oublié.
Dans le cadre de l'installation d'un parc d'éoliennes sur la commune d'Houdain-lez-Bavay dans le Nord, Jean-Charles Tombal, ornithologue au Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN), a réalisé une étude d'impact ornithologique indépendante afin d'apprécier les niveaux de risques de la dégradation écologique programmée dans un rayon de 50 km autour du site prévu, un secteur où vivent des espèces rares comme le Grand-Duc d'Europe, le Faucon pèlerin ou la Cigogne noire. Il propose une méthode qui pourrait être utilisée avant d'autres projets éoliens.
L'auteur
Ornithologue scientifique, membre de nombreuses associations nationales et régionales (dont le Groupe Ornithologique du Nord) et membre de Conseils Scientifiques Régionaux, j'étudie méthodiquement les oiseaux de la région Nord-Pas-de-Calais et de ses abords depuis plus de 40 ans.
J'ai publié de nombreux articles et coordonné la réalisation de l'Atlas régional des oiseaux nicheurs (période 1985-1995) ainsi que l'enquête "Oiseaux" du 15 novembre au 28 février sur la période 2005-2010.
J'étudie particulièrement l'avifaune des milieux forestiers, cultivés et industriels (friches, carrières). Grâce à la protection acquise dans les années 1970, les prédateurs, qui avaient complètement disparu de nos écosystèmes depuis le milieu des années 1960, retrouvent des populations inattendues : j'étudie le phénomène depuis son amorce.
Je ne néglige pas pour autant les oiseaux communs et je réalise des comptages systématiques sur 118 points depuis 1990 selon la méthodologie internationale standardisée. Je fais ces recherches principalement sur les espaces de grande culture dont l'évolution des populations nicheuses m'est ainsi bien connue.
Des inquiétudes croissantes
Depuis quelque temps, mon attention a été attirée par la multiplication de projets éoliens dans le sud-est de la région Nord-Pas-de-Calais. De nombreux articles de presse évoquent ce sujet qui divise les habitants.
Plusieurs responsables d'associations m'ont contacté et ont sollicité mon avis à propos des "zones de développement éolien". La prolifération de parcs gigantesques en Belgique et en Picardie, ainsi que l'installation de nombreux mâts de mesure du vent par les promoteurs aggrave les inquiétudes.
Un parc a déjà été édifié près de chez moi, ce qui me permet d'apprécier les impacts écologiques dans une zone de grande culture que je connais parfaitement. Les premiers résultats sont alarmants, non seulement pour les oiseaux, mais aussi pour des groupes faunistiques qu'on n'évoque jamais (insectes, araignées). Je pense qu'il est de mon devoir d'ornithologue "chevronné" de vous faire part de mes vives inquiétudes quant au choix de certains sites, totalement inappropriés à l'édification de parcs éoliens industriels. Nous allons vers une régression ornithologique majeure. Elle sera progressive, mais profonde (à lire sur Ornithomedia.com : L'énergie éolienne serait une menace pour la biodiversité).
J'essaie ci-après de vous expliquer pourquoi. Je propose également une méthodologie pour la réalisation d'études qui respectent réellement le principe de précaution.
La dégradation de l'écosystème aérien
En raison de leur mode de fonctionnement, les éoliennes sont des installations industrielles très particulières dont le principal impact écologique est de dégrader la qualité de la circulation aérienne des organismes vivants dans les strates situées entre le sol et 250 m d'altitude. Ces strates sont celles qui sont le plus utilisées toute l'année, jour et nuit, par les oiseaux dans leurs différents types de déplacements. Là où on édifie des éoliennes, les oiseaux ne peuvent plus circuler "librement", c'est-à-dire qu'ils ne peuvent plus choisir ni l'itinéraire ni la strate où leur vol serait le mieux adapté aux caractéristiques momentanées de l'air (température, force et direction du vent, visibilité).
Les oiseaux sont obligés d'improviser des vols "d'évitement", soit latéraux, soit verticaux. Un effort "artificiel" leur est donc imposé. Les oiseaux affectés ne sont pas seulement ceux qui nichent dans le secteur mais tous ceux qui sont amenés à utiliser l'espace aérien local pour leurs déplacements, de quelque nature qu'ils soient. Il s'agit d'une dégradation permanente, comme l'est celle provoquée par l'édification d'une autoroute, qui perturbe en permanence les espaces terrestres qu'elle traverse ainsi que l'espace aérien qui les domine sur une hauteur d'environ 25 m.
J'ai eu l'opportunité de mesurer les effets de cette dégradation de l'espace aérien en étudiant les répercussions de l'installation d'un petit ensemble de quatre éoliennes (plus une isolée) à proximité de mon domicile il y a un peu plus d'un an.
Le milieu concerné est une zone de cultures située à la limite du Cambrésis et de l'Avesnois. Avant l'implantation des éoliennes, les espèces remarquables suivantes étaient notées : En période de reproduction, les trois espèces de busards (des roseaux, Saint-Martin et cendré) nichaient, avec un effectif de cinq couples lors des meilleures années pour l'ensemble de la zone (cinq km sur cinq km). La Perdrix grise (Perdix perdix) était abondante (grâce à une bonne gestion des chasseurs) et la Caille des blés (Coturnix coturnix) régulière. Le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), dont un couple niche sur un pylône d'une ligne à haute tension située à cinq km depuis plusieurs années, venait parfois chasser dans le secteur. En période internuptiale (automne, hiver, premier printemps), des groupes de Vanneaux huppés (Vanellus vanellus), de Pluviers dorés (Pluvialis apricaria), de Laridés, de Corvidés, de Pigeons ramiers (Columba palumbus), d'Etourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris), se montant à des centaines d'individus, parfois des milliers, attirant des prédateurs comme le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), les Faucons pèlerins, émerillons (Falco columbarius) et hobereaux (Falco subbuteo) et le Hibou des marais (Asio flammeus).
Toute l'année, des oiseaux non cantonnés transitaient par la zone pour leurs activités biologiques et comportementales (collecte de nourriture, rassemblements pour le repos, la toilette, la communication). Plus la distance à parcourir était importante (elle peut atteindre 50 km), plus la hauteur de vol était élevée (jusqu'à 250 m).
Les conditions atmosphériques influent notablement sur la hauteur de vol et les oiseaux utilisent la strate la plus efficace pour le type de trajet à réaliser. En période de migration, comme dans n'importe quel endroit de la région, la zone est survolée par des millions d'oiseaux. Les déplacements se font essentiellement de nuit et à grande hauteur (plus haut que 250 m). Par nuit claire (pleine lune), on peut les observer et constater qu'ils volent vraiment haut. De jour, les passages se font souvent à une altitude plus réduite et les migrateurs sont visibles. J'ai personnellement observé toutes les espèces qui passent habituellement dans la région. L'éloignement de la mer fait que certaines espèces sont plus ou moins rares.
La présence de plusieurs plans d'eau et d'une vallée dans un rayon de cinq km amène parfois certaines troupes migratrices à voler plus bas (Cygnes tuberculés ou Cigognes blanches par exemple). Suite à l'installation des quatre éoliennes alignées selon un axe NNW-SSE sur 3,5 km, les stratégies spatiales de toutes ces espèces ont été pertubées et les effectifs ont fortement diminué, y compris ceux des migrateurs.
La zone terrestre est presque toujours vide, abandonnée notamment par les espèces grégaires dont les grandes troupes semblent s'être déplacées, sûrement à grande distance puisqu'elles ne sont plus observées dans un vaste secteur autour des éoliennes. L'espace aérien compris entre 0 et 250 m est évidemment beaucoup moins utilisé. Les oiseaux locaux suivent une stratégie adaptée de déplacement entre les éoliennes selon des "'couloirs" : on ne voit plus que des individus solitaires ou de très petits groupes. Il n'y a pas de contournement visible, la déviation latérale devant s'effectuer à grande distance des éoliennes (4 - 5km ?).
Les troupes volant haut (300 m - 500 m) ne semblent pas impactées, mais elles sont moins fréquentes. Les troupes significatives qui s'arrêtent encore et qui descendent se poser près des éoliennes sont composées d'oiseaux qui ne dorment pas dans le secteur. Il s'agit essentiellement de Laridés (surtout des Goélands bruns et des Mouettes rieuses), dont les dortoirs se situent à plusieurs dizaines de kilomètres. Ces oiseaux s'arrêtent lorsque les champs ont été fraîchement labourés et offrent une nourriture abondante. Mais ils se tiennent toujours à distance des éoliennes lorsque les pales tournent.
L'effet répulsif est particulièrement net lorsque un tracteur laboure un champ allongé dont une partie est située sous la zone de rotation : plus l'engin se rapproche des machines, moins les oiseaux restent à proximité. Les goélands partent les premiers, les mouettes restant un peu plus longtemps et parfois quelques rares téméraires s'approchent presque à la verticale des pales. Mais aucun oiseau ne suit le tracteur sous les pales.
La preuve de l'effet répulsif des pales est évidente lorsque les éoliennes s'arrêtent de tourner : cela se produit assez souvent car le vent utile dans le secteur est irrégulier. Les Laridés restent posés à l'écart pendant près d'une demi-heure, puis, jugeant la situation non dangereuse, ils se remettent à circuler dans l'espace aérien redevenu fréquentable, et certains oiseaux n'hésitent pas à passer entre les pales immobiles. Un jour, un Faucon pèlerin s'est même posé sur le capot d'une turbine, devenu un perchoir de chasse idéal ! Mais la moindre oscillation des pales déclenche un envol souvent durable : les oiseaux reviennent rarement sur place.
mercredi 3 août 2011
Le Center Parcs du Loudunais est rassuré
Mercredi dernier, lors d'une séance de travail sur le projet d'installation de Center Parcs dans le Loudunais organisée au Sénat à Paris, Jean-Pierre Raffarin a annoncé que le projet d'entrepôt de produits dangereux classé Seveso à Montreuil-Bellay, ne se réalisera pas. Cette information a rassuré le président du groupe Pierre & Vacances Gérard Brémond, tout comme le président du conseil général de la Vienne Claude Bertaud qui était monté « au créneau » ces derniers mois ainsi que l'ancien Premier ministre. Des associations à sensibilité écologiques s'étaient mobilisées également tant dans le Nord Vienne que dans le Maine-et-Loire.
Les différents partenaires ont été d'autant plus soulagés que ce dossier avait fait l'objet d'un arbitrage à Matignon en sa faveur quelques mois plus tôt. Soutenu par la communauté d'agglomération Saumur Loire, ce projet de construction d'un entrepôt de stockage de produits dangereux classé Seveso 2 seuil haut, dans la zone industrielle de Méron à l'entrée de Montreuil-Bellay, avait fait l'objet d'une demande de permis de construire de la société Panhard-Développement en mars 2007 rejetée en juillet 2009.
Un recours gracieux a été engagé et le maire a été autorisé à signer le permis en novembre 2009.
A l'époque, le collectif d'actions citoyennes de Montreuil-Bellay avait déclaré son opposition à toute nouvelle implantation à hauts risques. En janvier 2011, une réunion d'arbitrage s'était tenue à l'Hôtel de Matignon pour tenter de faire accélérer le dossier soumis à des contraintes d'ordre environnemental, liées à la présence d'une zone Natura 2000 toute proche mais aussi aux types de produits concernés et à leur volume. Finalement, l'entreprise a décidé d'abandonner le projet.
Article paru dans la Nouvelle République du 10 juillet 2011.
Concernant le projet du site de stockage, se reporter à l'article de février 2011 sur ce blog.
Les différents partenaires ont été d'autant plus soulagés que ce dossier avait fait l'objet d'un arbitrage à Matignon en sa faveur quelques mois plus tôt. Soutenu par la communauté d'agglomération Saumur Loire, ce projet de construction d'un entrepôt de stockage de produits dangereux classé Seveso 2 seuil haut, dans la zone industrielle de Méron à l'entrée de Montreuil-Bellay, avait fait l'objet d'une demande de permis de construire de la société Panhard-Développement en mars 2007 rejetée en juillet 2009.
Un recours gracieux a été engagé et le maire a été autorisé à signer le permis en novembre 2009.
A l'époque, le collectif d'actions citoyennes de Montreuil-Bellay avait déclaré son opposition à toute nouvelle implantation à hauts risques. En janvier 2011, une réunion d'arbitrage s'était tenue à l'Hôtel de Matignon pour tenter de faire accélérer le dossier soumis à des contraintes d'ordre environnemental, liées à la présence d'une zone Natura 2000 toute proche mais aussi aux types de produits concernés et à leur volume. Finalement, l'entreprise a décidé d'abandonner le projet.
Article paru dans la Nouvelle République du 10 juillet 2011.
Concernant le projet du site de stockage, se reporter à l'article de février 2011 sur ce blog.
mardi 19 juillet 2011
Un intéressant commentaire de blogueur ...
Trois ans après le Grenelle de l'environnement, le nucléaire continue de fournir les 3/4 de la production électrique totale en France. Les éoliennes? Elles
procurent une goutte d'eau dans la mer de la consommation énergétique. Mais alors quelle est la solution alternative ? SuperNo pose la question...
En me documentant pour un autre billet, je suis tombé sur les statistiques de la production d’électricité en France en 2010. Les toutes dernières, donc. Je vous les livre :
Nucléaire : 74,12 %
Hydraulique : 12,36 %
Fossile (gaz, charbon) : 10,79 %
Eolien : 1,74 %
Solaire : 0,11 %
Autres renouvelables : 0,87 %
Ça vous inspire quoi ? Bon, que le nucléaire fasse les 3/4 du total, tout le monde est censé le savoir. L’hydraulique, 1/8ème, fort bien. Marge de progression faible, et je me demande toujours si on compte dans ces 12% les KWh générés par l’eau remontée en amont des barrages par les centrales nucléaires lors des périodes de faible activité.
Mais l’éolien ? Le solaire ? 3 ans après le barnum du « Grenelle de l’environnement », la vérité toute nue est là : l’éolien ne produit que 1.74% du total... Quant au solaire : 0.1% !!!! On se serait foutu du monde qu’on ne s’y serait pas pris autrement !
Prenons le problème dans un autre sens. Tous les politiciens clairvoyants (c’est à dire une petite minorité) sont convaincus, après la démonstration magistrale faite à son corps défendant par l’industrie du nucléaire à Fuck-U-Shima, qu’il faut se sortir de ce merdier. Un délai de 2 ou 3 décennies est considéré comme raisonnable.
Je suis tout à faut d’accord avec ça. Sans vouloir me lancer des fleurs, j’ai été parmi les premiers à comprendre que l’explosion de cette centrale marquait la fin de l’ère nucléaire, sous les huées hautaines de ceux qui pontifiaient « mais non, pov’ tache, ce n’est qu’une petite explosion d’hydrogène, c’est pas grave... ».
Quand un mafioso du nucléaire t’affirme quelque chose avec un aplomb qu’il essaie de faire passer pour naturel, on peut être sûr, comme quand c’est Xavier Bertrand qui fait la même chose, qu’il y a anguille sous roche, et que la seule chose dont on puisse être sûr, c’est qu’il ment pour protéger ses intérêts.
Même si on ne sait toujours pas tout, on a rapidement appris que la centrale était dévastée, qu’au moins 3 réacteurs étaient éventrés et relâchaient leur merde dans des quantités affolantes, que le nuage radioactif ne connaissait pas de frontières et faisait le tour du monde, etc...
Le risque d’accident nucléaire ne fait que s’ajouter aux autres inconvénients, et en premier lieu à l’aberration qui consiste à utiliser un combustible pendant 100 ans pour en subir les conséquences pendant des millions d’années. Et je ne parle même pas de l’escroquerie qui consiste à revendiquer un coût de revient inférieur à celui des autres sources d’électricité, alors que ce coût est une bouffonnerie qui n’englobe que les coûts d’exploitation, oubliant l’argent public dépensé pour la construction et surtout pour le démantèlement, opération que personne ne sait réaliser correctement. Sans parler du stockage et du gardiennage de déchets pour une durée très supérieure à celle de l’humanité.
Bref, il n’y a pas à tortiller : il faut sortir du nucléaire.
Mais si on revient au tableau, la question se pose : comment ?
Si l’UMPS est tellement favorable à la poursuite du nucléaire, c’est sans doute pour éviter d’avoir à répondre à cette question... Quand on est en campagne électorale, il est pourtant facile de monter sur une tribune et de gueuler : « Ben yaka mettre des éoliennes et des panneaux solaires partout, voilà ! ».
Ben oui, voilà. Sauf que les chiffres sont têtus.
Eolien = 1.74% = peanuts.
Solaire = 0.1% = peau de balle.
Ah, mais attention ! Il va y avoir les éoliennes offshore, et là, ça va moins rigoler ! Ça fait l’équivalent d’une centrale nucléaire, les éoliennes offshore !
Mensonge, propagande ! Encore récemment répété dans un dossier de France Info. Toutes les 600 éoliennes offshore de Sarko, dont la construction n’a pas encore commencé, ne produiront que l’équivalent de 2/3 d’un réacteur EPR, ou les 3/4 d’un réacteur « classique ». D’un réacteur, hein, pas d’une centrale, qui est généralement composée de 4 réacteurs. 9TWh par an. 1.7% du total... Pour rappel, la centrale nucléaire de Cattenom, distante d’à peine plus de 30 km à vol d’oiseau irradié de l’endroit où j’écris, en produit à elle seule environ 8%...
Entre 2009 et 2010, la consommation d’électricité a augmenté de 5.5% ...A cause du froid, qu’ils disent...
Quand on regarde la courbe depuis 2000, il semble qu’il fasse de plus en plus froid... La réalité, c’est qu’on aura beau consteller la France d’éoliennes, on arrivera au mieux à absorber le surplus annuel de consommation...
Production annuelle : 550 TWh. Admettons que 50 partent à l’export.
Besoin : 500 TWh. On zappe les 58 réacteurs, en commençant par les plus pourris (Fessenheim, par exemple). Il reste 142 TWh. On rajoute 600 éoliennes offshore : 151 TWh.
Je répète : on fait comment ?
Pour corser le problème, ajoutons qu’il est interdit de rajouter des centrales à gaz ou pire, au charbon, pour ne pas accélérer le réchauffement climatique.
Pour corser encore, ajoutons qu’on prévoit de faire rouler prochainement, et en tout cas avant la fin du démantèlement prévu des centrales nucléaires, quelques millions de voitures électriques.
Enfin, ne pas oublier qu’il nous “faut” une “croissance” économique de 2 ou 3 % l’an, qui se traduira si on ne fait rien par autant de consommation électrique en plus.
Alors, on fait comment ?
Vous avez 4 heures...
procurent une goutte d'eau dans la mer de la consommation énergétique. Mais alors quelle est la solution alternative ? SuperNo pose la question...
En me documentant pour un autre billet, je suis tombé sur les statistiques de la production d’électricité en France en 2010. Les toutes dernières, donc. Je vous les livre :
Nucléaire : 74,12 %
Hydraulique : 12,36 %
Fossile (gaz, charbon) : 10,79 %
Eolien : 1,74 %
Solaire : 0,11 %
Autres renouvelables : 0,87 %
Ça vous inspire quoi ? Bon, que le nucléaire fasse les 3/4 du total, tout le monde est censé le savoir. L’hydraulique, 1/8ème, fort bien. Marge de progression faible, et je me demande toujours si on compte dans ces 12% les KWh générés par l’eau remontée en amont des barrages par les centrales nucléaires lors des périodes de faible activité.
Mais l’éolien ? Le solaire ? 3 ans après le barnum du « Grenelle de l’environnement », la vérité toute nue est là : l’éolien ne produit que 1.74% du total... Quant au solaire : 0.1% !!!! On se serait foutu du monde qu’on ne s’y serait pas pris autrement !
Prenons le problème dans un autre sens. Tous les politiciens clairvoyants (c’est à dire une petite minorité) sont convaincus, après la démonstration magistrale faite à son corps défendant par l’industrie du nucléaire à Fuck-U-Shima, qu’il faut se sortir de ce merdier. Un délai de 2 ou 3 décennies est considéré comme raisonnable.
Je suis tout à faut d’accord avec ça. Sans vouloir me lancer des fleurs, j’ai été parmi les premiers à comprendre que l’explosion de cette centrale marquait la fin de l’ère nucléaire, sous les huées hautaines de ceux qui pontifiaient « mais non, pov’ tache, ce n’est qu’une petite explosion d’hydrogène, c’est pas grave... ».
Quand un mafioso du nucléaire t’affirme quelque chose avec un aplomb qu’il essaie de faire passer pour naturel, on peut être sûr, comme quand c’est Xavier Bertrand qui fait la même chose, qu’il y a anguille sous roche, et que la seule chose dont on puisse être sûr, c’est qu’il ment pour protéger ses intérêts.
Même si on ne sait toujours pas tout, on a rapidement appris que la centrale était dévastée, qu’au moins 3 réacteurs étaient éventrés et relâchaient leur merde dans des quantités affolantes, que le nuage radioactif ne connaissait pas de frontières et faisait le tour du monde, etc...
Le risque d’accident nucléaire ne fait que s’ajouter aux autres inconvénients, et en premier lieu à l’aberration qui consiste à utiliser un combustible pendant 100 ans pour en subir les conséquences pendant des millions d’années. Et je ne parle même pas de l’escroquerie qui consiste à revendiquer un coût de revient inférieur à celui des autres sources d’électricité, alors que ce coût est une bouffonnerie qui n’englobe que les coûts d’exploitation, oubliant l’argent public dépensé pour la construction et surtout pour le démantèlement, opération que personne ne sait réaliser correctement. Sans parler du stockage et du gardiennage de déchets pour une durée très supérieure à celle de l’humanité.
Bref, il n’y a pas à tortiller : il faut sortir du nucléaire.
Mais si on revient au tableau, la question se pose : comment ?
Si l’UMPS est tellement favorable à la poursuite du nucléaire, c’est sans doute pour éviter d’avoir à répondre à cette question... Quand on est en campagne électorale, il est pourtant facile de monter sur une tribune et de gueuler : « Ben yaka mettre des éoliennes et des panneaux solaires partout, voilà ! ».
Ben oui, voilà. Sauf que les chiffres sont têtus.
Eolien = 1.74% = peanuts.
Solaire = 0.1% = peau de balle.
Ah, mais attention ! Il va y avoir les éoliennes offshore, et là, ça va moins rigoler ! Ça fait l’équivalent d’une centrale nucléaire, les éoliennes offshore !
Mensonge, propagande ! Encore récemment répété dans un dossier de France Info. Toutes les 600 éoliennes offshore de Sarko, dont la construction n’a pas encore commencé, ne produiront que l’équivalent de 2/3 d’un réacteur EPR, ou les 3/4 d’un réacteur « classique ». D’un réacteur, hein, pas d’une centrale, qui est généralement composée de 4 réacteurs. 9TWh par an. 1.7% du total... Pour rappel, la centrale nucléaire de Cattenom, distante d’à peine plus de 30 km à vol d’oiseau irradié de l’endroit où j’écris, en produit à elle seule environ 8%...
Entre 2009 et 2010, la consommation d’électricité a augmenté de 5.5% ...A cause du froid, qu’ils disent...
Quand on regarde la courbe depuis 2000, il semble qu’il fasse de plus en plus froid... La réalité, c’est qu’on aura beau consteller la France d’éoliennes, on arrivera au mieux à absorber le surplus annuel de consommation...
Production annuelle : 550 TWh. Admettons que 50 partent à l’export.
Besoin : 500 TWh. On zappe les 58 réacteurs, en commençant par les plus pourris (Fessenheim, par exemple). Il reste 142 TWh. On rajoute 600 éoliennes offshore : 151 TWh.
Je répète : on fait comment ?
Pour corser le problème, ajoutons qu’il est interdit de rajouter des centrales à gaz ou pire, au charbon, pour ne pas accélérer le réchauffement climatique.
Pour corser encore, ajoutons qu’on prévoit de faire rouler prochainement, et en tout cas avant la fin du démantèlement prévu des centrales nucléaires, quelques millions de voitures électriques.
Enfin, ne pas oublier qu’il nous “faut” une “croissance” économique de 2 ou 3 % l’an, qui se traduira si on ne fait rien par autant de consommation électrique en plus.
Alors, on fait comment ?
Vous avez 4 heures...
lundi 27 juin 2011
L'UNESCO demande la suspension des projets éoliens autour du Mont-Saint-Michel
Hier, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a demandé à la France la suspension des projets de parcs éoliens, y compris ceux déjà approuvés, qui pourraient avoir un impact visuel sur la baie du Mont-Saint-Michel.
Lire également > Unesco. Les éoliennes compatibles avec le Mont-Saint-Michel ?
> Mont-Saint-Michel. Rayé du patrimoine mondial ?
Le comité, qui tient sa session annuelle à Paris jusqu'au 29 juin, a réclamé cette suspension en attendant un prochain examen en 2012.
Plusieurs projets de parcs éoliens sont à l'étude dans la région du Mont-Saint-Michel, mais le projet d'Argouges (trois éoliennes d'une centaine de mètres de haut) est le seul à avoir déjà obtenu le feu vert de la préfecture de la Manche.
Selon l'ONG Europa Nostra, qui regroupe plus de 250 associations du patrimoine en Europe, ces éoliennes, à 20 km du Mont-Saint-Michel, "seraient visibles" depuis le fameux site et "dégraderaient un paysage immuable et unique".
"Un impact potentiel sur le cadre paysager"
Lors de sa session de 2010, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco s'était déjà dit "préoccupé par l'impact potentiel des éoliennes sur le cadre paysager" du Mont-Saint-Michel et de sa baie. Mais, en attendant, ce joyau de l'Occident médiéval, construit sur un îlot rocheux au milieu de grèves immenses soumises au va-et-vient de puissantes marées, à la limite entre la Normandie et la Bretagne, n'est pas menacé d'un retrait de la liste du Patrimoine mondial sur lequel il figure depuis
1979.
Elles ne doivent pas être visibles depuis la Merveille de l’Occident, ou visibles quand on la regarde : la France doit suspendre tout projet d’installation accepté ou en cours.
À l’unanimité, la 35e session de l’Unesco, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, réunie au siège de l’organisation, à Paris, a interpellé, jeudi, la France à propos du Mont-Saint-Michel. Elle lui demande de renforcer la protection du site classé au Patrimoine mondial depuis 1979.
Sont concernés les projets d’installation d’éoliennes autour de la baie. « L’État doit
suspendre tout projet approuvé ou en cours », indiquait, hier, l’Unesco. Elle recommande à l’État « de mettre en œuvre un plan de gestion de la vue autour du Mont ». Ce plan exclurait toute construction d’éolienne « visible quand on regarde le site » et « visible depuis le site ».
Or, en certains points, le Mont est visible à plus de 40 km ! L’État devra faire un rapport sur ce plan de gestion « à la 36e session, en juin 2012 ».
Enfin, l’Unesco demande à l’État « d’inviter une délégation de l’Unesco à se rendre sur place ». C’est la procédure diplomatique en vigueur : « Nous ne pouvons pas venir sans invitation », rappelle le porte-parole de l’Organisation. Si la France répond favorablement dans les tout prochains jours, la délégation pourrait venir au Mont « à l’automne ».
Source : Ouest-France
Lire également > Unesco. Les éoliennes compatibles avec le Mont-Saint-Michel ?
> Mont-Saint-Michel. Rayé du patrimoine mondial ?
Le comité, qui tient sa session annuelle à Paris jusqu'au 29 juin, a réclamé cette suspension en attendant un prochain examen en 2012.
Plusieurs projets de parcs éoliens sont à l'étude dans la région du Mont-Saint-Michel, mais le projet d'Argouges (trois éoliennes d'une centaine de mètres de haut) est le seul à avoir déjà obtenu le feu vert de la préfecture de la Manche.
Selon l'ONG Europa Nostra, qui regroupe plus de 250 associations du patrimoine en Europe, ces éoliennes, à 20 km du Mont-Saint-Michel, "seraient visibles" depuis le fameux site et "dégraderaient un paysage immuable et unique".
"Un impact potentiel sur le cadre paysager"
Lors de sa session de 2010, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco s'était déjà dit "préoccupé par l'impact potentiel des éoliennes sur le cadre paysager" du Mont-Saint-Michel et de sa baie. Mais, en attendant, ce joyau de l'Occident médiéval, construit sur un îlot rocheux au milieu de grèves immenses soumises au va-et-vient de puissantes marées, à la limite entre la Normandie et la Bretagne, n'est pas menacé d'un retrait de la liste du Patrimoine mondial sur lequel il figure depuis
1979.
Elles ne doivent pas être visibles depuis la Merveille de l’Occident, ou visibles quand on la regarde : la France doit suspendre tout projet d’installation accepté ou en cours.
À l’unanimité, la 35e session de l’Unesco, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, réunie au siège de l’organisation, à Paris, a interpellé, jeudi, la France à propos du Mont-Saint-Michel. Elle lui demande de renforcer la protection du site classé au Patrimoine mondial depuis 1979.
Sont concernés les projets d’installation d’éoliennes autour de la baie. « L’État doit
suspendre tout projet approuvé ou en cours », indiquait, hier, l’Unesco. Elle recommande à l’État « de mettre en œuvre un plan de gestion de la vue autour du Mont ». Ce plan exclurait toute construction d’éolienne « visible quand on regarde le site » et « visible depuis le site ».
Or, en certains points, le Mont est visible à plus de 40 km ! L’État devra faire un rapport sur ce plan de gestion « à la 36e session, en juin 2012 ».
Enfin, l’Unesco demande à l’État « d’inviter une délégation de l’Unesco à se rendre sur place ». C’est la procédure diplomatique en vigueur : « Nous ne pouvons pas venir sans invitation », rappelle le porte-parole de l’Organisation. Si la France répond favorablement dans les tout prochains jours, la délégation pourrait venir au Mont « à l’automne ».
Source : Ouest-France
Communiqué de la FED
La Fédération Environnement Durable (FED) se félicite de la décision du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco qui le 23 juin 2011 a officiellement demandé à la France la suspension des projets de parcs éoliens, y compris ceux déjà approuvés, qui pourraient avoir un impact visuel sur la baie du Mont-Saint-Michel .
Pour sauver ce site emblématique la FED et la plateforme européenne contre les éoliennes industrielles (EPAW), avaient organisé le 26 septembre 2009 une marche internationale dans la baie du Mont-Saint-Michel, qui avait regroupé des citoyens de plus de 23 pays.
Depuis cette date avec la Fédération régionale Basse Normandie Environnement (BNE) elle a mené un combat sans répit en faisant appel à l’opinion internationale pour sauver le Mont-Saint-Michel des 11 projets éoliens en cours qui le menacent. Elle s’était révoltée notamment contre l’accord par les services de l'État d'un premier permis de construire d'un parc éolien à Argouges Manche.
Elle remercie l’Unesco et l’association Europa Nostra regroupant plus de 250 organisations non gouvernementales et dont les prises de position ont été sans ambiguïté.
Elle prend acte de la clairvoyance des Sénateurs de la Commission de la Culture du Sénat qui se sont rendus sur place et ont exprimé leur vive inquiétude de voir ce site déclassé du patrimoine mondial de l’Unesco.
Jean-Louis Butré
Président Fédération Environnement Durable
Pour sauver ce site emblématique la FED et la plateforme européenne contre les éoliennes industrielles (EPAW), avaient organisé le 26 septembre 2009 une marche internationale dans la baie du Mont-Saint-Michel, qui avait regroupé des citoyens de plus de 23 pays.
Depuis cette date avec la Fédération régionale Basse Normandie Environnement (BNE) elle a mené un combat sans répit en faisant appel à l’opinion internationale pour sauver le Mont-Saint-Michel des 11 projets éoliens en cours qui le menacent. Elle s’était révoltée notamment contre l’accord par les services de l'État d'un premier permis de construire d'un parc éolien à Argouges Manche.
Elle remercie l’Unesco et l’association Europa Nostra regroupant plus de 250 organisations non gouvernementales et dont les prises de position ont été sans ambiguïté.
Elle prend acte de la clairvoyance des Sénateurs de la Commission de la Culture du Sénat qui se sont rendus sur place et ont exprimé leur vive inquiétude de voir ce site déclassé du patrimoine mondial de l’Unesco.
Jean-Louis Butré
Président Fédération Environnement Durable
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