vendredi 14 novembre 2014

ÉOLIENNES, SAUVE-PLANÈTE OU PIÈGE ÉCOLOGIQUE ?


Les éoliennes pourraient avoir l’effet hautement pervers d’attirer les espèces, qu’elles déciment : rapaces, hirundinidés et chauves-souris.

Un article du Conseil Mondial pour la Nature et de Save the Eagles International.

Le Conseil mondial pour la Nature (WCFN) et Save the Eagles International, les deux ONG conservationnistes qui accusent les politiques « vertes » de causer plus de mal que de bien, s’unissent à nouveau aujourd’hui pour émettre un avertissement : les éoliennes attirent les chauves-souris, ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux, à de nombreux kilomètres à la ronde. De ce fait, même les éoliennes « situées avec soin » vont les attirer et les tuer, annoncent-elles.


« Nous avons répertorié 11 espèces [de chauves-souris] ... survolant l’océan à 14 km de la côte », a écrit il y a plusieurs années dans le Journal of Mammology une autorité européenne sur les chauves-souris, le professeur Ingemar Ahlén (1). Étudiant la migration des chauves-souris en Mer Baltique, le professeur Ahlén avait constaté : « Les chauves-souris n’ont pas évité les éoliennes [offshore]. Au contraire, elles sont restées plus ou moins longtemps à chasser à proximité de ces machines à cause de l’abondance des insectes volants (note : deux sortes insectes, terrestres et d’origine marine précise le rapport). La chasse à proximité des pales a été observée, pourtant le risque de collision n’est pas différent d’avec les éoliennes terrestres. Elles ont également utilisé les éoliennes pour se reposer. Des insectes ont été prélevés à des endroits et des moments où les chauves-souris ont été observées s’alimentant». Il a alors découvert que certaines de ces chauves-souris n’étaient pas des migrants, mais faisaient la navette depuis la côte (voir la première citation ci-dessus).

Il semble que les Hirundinidés (hirondelles, martinets etc.) soient aussi attirés par les éoliennes, ce qui est logique vu l’abondance des insectes volant autour d’elles : « Près d’un tiers des oiseaux [tués par les pales] étaient des hirondelles et des martinets, espèces qui comme les chauves-souris chassent les insectes volants, » a écrit le professeur Ahlén dans une étude sur les éoliennes terrestres. Un article de Clive Hambler, maître de conférences en biologie et en sciences humaines à Hertford College, Université d’Oxford, vient d’être publié sur cette nouvelle et fatale attraction. Co-signé par WCFN, l’article met en garde contre les « drains de population » qui engloutissent chauves-souris, rapaces et hirundinidés (martinets, hirondelles, etc) : « Nous prédisons que l’héritage d’extinctions que nous laisseront les éoliennes va devenir une source de préoccupation croissante, à mesure que des « pièges écologiques » seront installés en grand nombre à travers la planète »

Save the Eagles international (STEI) a longtemps soutenu que les rapaces étaient attirés par les éoliennes. L’ONG a récemment documenté cette affirmation par des photos, tandis que des études scientifiques en avaient déjà fourni la preuve. « Est-ce qu’autant de rapaces se feraient tuer dans le monde s’ils « évitaient » ou « étaient déplacés » par les éoliennes ? » – « Bien sûr que non », répond le conservationniste Mark Duchamp, qui a fondé STEI : « de nombreux ornithologues qui font des études d’impact environnemental disent que les rapaces sont « déplacés » par les éoliennes, parce que s’ils disaient qu’ils sont « tués » par elles, ils perdraient leur emploi ».

Il poursuit : « Croyez-vous que, si l’on a rapporté très peu de morts d’oiseaux et de chauves-souris au Royaume-Uni [et en France - NDT], c’est parce que dans ce pays, les éoliennes sont « situées avec soin » ? Ou bien pensez-vous que c’est parce qu’ils ne font pas ou ne publient pas d’études de suivi sur la mortalité éolienne ? – Nous avons dénoncé cette situation dans un article : « Éoliennes : omerta sur la mortalité des oiseaux au Royaume-Uni. »

Compte tenu de ce qui précède, STEI et WCFN tirent la sonnette d’alarme. Étant donné qu’elles attirent et tuent les rapaces, chauves-souris et certains oiseaux insectivores, les éoliennes agissent comme des pièges écologiques. Par conséquent, elles sont susceptibles de condamner à disparaître des populations régionales (ou nationales) de bon nombre de ces espèces, et ont même le potentiel de provoquer des extinctions globales. Les premières espèces à disparaître pourraient être : l’Aigle Royal en Écosse, en Californie et dans d’autres régions, états ou pays ; l’Aigle de Tasmanie en Australie ; le Vautour Percnoptère en Espagne ; la Salangane des Seychelles ; le Bruant Cendré dans les îles grecques ; la Chauve-souris à Queue Gaine des Seychelles, et probablement d’autres espèces de chauves-souris dans diverses parties du monde.

mardi 11 novembre 2014

LE TARN DÉFIGURÉ PAR DES ÉOLIENNES

Lisez cet article de Stéphane Blanc, paru dans l'Union Républicaine le 10 novembre 2014 : il résume parfaitement les problèmes posés par l'éolien en France.

La démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
C’est l’une des définitions canoniques couramment reprises, ainsi qu’en témoigne l’introduction de la Constitution de 1958 de la Cinquième République française.
Cette définition est proche du sens étymologique du terme démocratie.
Par opposition l’autocratie c’est un pouvoir qui n’a d’autre justification et légitimité que lui-même.
Suite à l’affaire ultra médiatique de Sivens, conscient des débordements et des récupérations que de tels projets sensibles suscitent, on ne peut que s’étonner de l’absence de discernement et surtout de volonté de débat démocratique face à ce pharaonique projet d’implantation d’éoliennes sur la Montagne noire, principalement en vallée du Thoré.
Faut-il des événements dramatiques, comme à Sivens pour qu’une concertation citoyenne soit organisée ?

Les habitants de Castres, Mazamet, et des communes de la vallée souhaitent-ils voir ces groupes cagoulés de noir faire la razzia sur leurs villes et leurs villages, sous l’abominable mensonge de défense de la préservation d’écosystème sensible ?
Ce passage en force est-il bien judicieux, alors que l’ensemble des médias et l’appareil d’Etat stigmatise nos élus et que nous Sud Tarnais attendons comme un besoin vital une meilleure infrastructure routière Toulouse Castres pour désenclaver nos terres ?
Je pose les questions et vous laisse vous forger vos propres opinions quand un dossier éolien affiche dès le départ un manque évident de clarté et une volonté délibérée de fournir une information biaisée.
Par exemple, les médias ne sont informés qu’en 2010 d’une promesse de bail signée, selon l’historique du projet établi par le promoteur, en novembre 2007.

Le plus surprenant c’est la manière dont cette promesse de bail a été signée !
L’affaire s’est déroulée, sans concertation, en présence du promoteur qui est intervenu lui-même en conseil municipal, invitant les conseillers municipaux, sans recul, sans délai de réflexion, sans consultation x d’autres sources d’information, à prendre la décision engageante de donner pouvoir, sans réserve, à Mme le Maire pour signer cette fameuse promesse de bail.
Or la signature d’un bail emphytéotique* ou de la promesse de bail (valant bail) est le véritable acte fondateur d’un projet éolien.

*Un bail emphytéotique (appelée aussi emphytéose) est un bail de longue durée, d’au moins 18 ans et d’au plus 99 ans.

Il s’agit d’un droit réel immobilier. Le preneur peut sous-louer les biens pris en location ou louer les immeubles qu’il a construits.
A l’issue du bail emphytéotique, les constructions ou améliorations réalisées par le locataire deviennent la propriété du bailleur, en principe sans indemnité, sauf clause contraire.
Cela se passe à St Amans Valtoret, commune du Parc naturel régional du Haut Languedoc, désormais prêt à ouvrir la boîte de pandore !
Que coûte un tel projet susceptible de générer d’éventuels bénéfices : OPACITE TOTALE !
Au delà de l’aspect économique, c’est bien évidemment l’impact paysager d’un projet éolien qu’il serait courtois de soumettre à l’opinion publique. Imaginez des machines de 125 mètres installées sur des hauteurs quand le plus haut des sapins mesure 40 m. A noter que la charte du Parc admet jusqu’à 300 de ces machines !
Les habitants permanents des hauteurs de St Amans Valtoret et ceux du plateau d’Anglès sont en droit de demander un complément d’étude d’impact paysager !
La principale modification environnementale liée au fonctionnement des éoliennes est le bruit qui peut entraîner de graves nuisances sur la santé des riverains.
La seule étude technique sur le sujet a été faite par l’Académie de médecine qui préconise une distance minimale de 1500 m des riverains.
De plus le site du projet comporte plusieurs captages et un réseau aquifère particulièrement fragile en raison de ses caractéristiques géologiques.
Or le dossier ne fait pas suffisamment mention des mesures qui seront prises avant d’engager un chantier important.

Aucune étude spécifique n’a été réalisée ni n’est prévue concernant les effets du projet sur les eaux souterraines, notamment du fait du profond ancrage au sol des éoliennes et des effets des vibrations induites par le mouvement des pales.
De plus les deux groupes d’éoliennes encadrent et dominent une zone humide récemment réhabilitée et déclarée de haute sensibilité écologique... Tiens, tiens cela ne vous rappelle pas SIVENS ?

Toutes les causes de pollution (bétonnage, fuite d’hydrocarbures, dispersion des terres rares, etc..) peuvent anéantir ces efforts de préservation.
Si l’Etat avait la maîtrise globale du développement éolien en France, la logique relèverait de l’Intérêt général, mais le fait de l’avoir confié à des sociétés privées en détourne l’essence.
Le surcoût de l’électricité achetée par EDF constitue une aide illégale de l’Etat à une filière, compensé par une taxation supplémentaire sur les factures d’électricité. Aucune étude sérieuse n’a prouvé que l’éolien réduisait l’émission de GES (gaz à effet de serre) notamment quand il exige l’utilisation de centrales à charbon polluantes, cas de l’Allemagne, pour compenser l’intermittence de la production des éoliennes.
Cette production «verte» a provoqué le marché scandaleux des droits à polluer.
Économiquement l’éolien appauvrit la France. Sur le plan de l’environnement nos espaces naturels sont ravagés. De plus le patrimoine des riverains est dévalorisé dans des proportions inacceptables.
On peut aussi s’interroger sur la création systématique pour chaque projet de «sociétés tampons» (Saint Amans Energies) par la maison mère Valorem. On peut donc craindre qu’au moment du démantèlement, en fin du contrat d’obligation d’achat au tarif préférentiel avec EDF, cette société disparaîtra sans que la société Valorem soit juridiquement inquiétée.
Où est l’Intérêt général dans une filière, ni économique, ni écologique, ni socialement acceptable ?
Et quand on sait que l’une des économies porteuse d’emploi dans nos vallées est celle du tourisme vert, il va être puissamment compromis dans ce dossier.
Mais le plus machiavélique dans ce dossier, c’est d’apprendre dans notre enquête, qu’alors que l’une des richesses du Parc naturel du Haut Languedoc est l’eau, sa charte interdit l’exploitation hydro-électrique !

A Saint Amans Valtoret où forêt et lac se voient honorés de l’appellation de site «canadien», où l’omniprésence d’une nature préservée est fortement prisée des randonneurs (pédestres, équestres, vététistes) particulièrement friands de ces espaces revitalisants, où la réhabilitation des zones humides des «Sagnes de Puech Balmes» a permis de préserver l’environnement et d’initier la population, sur un parcours découverte, à la préservation des espaces naturels pour un meilleur approvisionnement en eau, où un réseau important de sentiers de randonnée varié a été aménagé, l’économie touristique offre un espoir de relais économique que l’installation sur un tel site de 10 éoliennes rend fragile, voire caduque.
Au-delà de la fracture sociale qu’il provoque, l’éolien terrestre fait l’objet d’un mécontentement majeur en France, mais le débat démocratique n’est toujours pas de mise.
Quand Brigitte Saracco, maire et présidente de la Communauté de communes de la Haute vallée du Thoré a annoncé le dépôt du permis de construire au mois d’août 2013, la quasi totalité des habitants du haut de la commune, riverains potentiels du projet, sont devenus membres de l’association Réveihl qui tente de faire reculer, tel Don Quichotte, ces moulins d’acier et de béton.
Les habitants ont tous le sentiment que l’on va sacrifier cette belle montagne au nom d’intérêts financiers pour la commune et la communauté de communes.
Force est de constater dans ce projet, l’absence de concertation ou de référendum. Finalement c’est d’abord la démocratie qui meurt, avant la mort annoncée d’un paysage jusqu’à présent préservé !

Le maire de la principale ville du bassin est, à titre personnel, adversaire de l’éolien !
C’est en tout cas ce qu’il affirmait dans les médias avant de devenir le représentant des citoyens de la commune de Mazamet.
Mais à ce jour, lui l’homme de radio, reste muet sur les enjeux majeurs de ces grandes éoliennes pour notre territoire.
A la trentaine de machines qui ornent actuellement les communes d’Arfons, de Sauveterre, du Margnès et Lamontélarié vont s’ajouter celles qui sont déjà sur les rails à Labruguière, Albine, Saint-Amans-Valtoret et sur le plateau du Sambrès.
Puis viendront les projets bien formalisés (Le Rialet, Le Vintrou, Castelnau-de-Brassac et le doublement du parc actuel de Sauveterre), sans compter celles dont nous n’avons pas encore entendu parler mais qui ne manqueront pas de fleuri.

L’écologie a bon dos.
Des sociétés européennes cherchent par tous les moyens à implanter des éoliennes géantes (on approche des 200 m de haut) dans les campagnes françaises, à proximité immédiate des habitations.
Force est de constater que les éoliennes n’ont rien d’écologique avec les milliers de tonnes de béton nécessaires pour soutenir ces monstres d’acier ; quant à l’énergie produite, on est très loin du compte par retour d’expérience de celles déjà implantées.
Le docteur Chevalier auteur d’un émouvant article dans le magazine le Point fait part de ses inquiétudes, en tant que médecin et membre de l’association Médecins Européens pour un environnement plus sain.
Un rapport de l’Académie nationale de médecine, publié en 2006, conclut à la nécessité de suspendre (ou interdire) l’édification des éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 mégawatts situées à moins de 1 500 m des habitations. Ce sont effectivement de véritables installations industrielles induisant des nuisances, notamment sonores.

Les éoliennes industrielles sont en effet classées dans les ICPE : installations et usines susceptibles de générer des risques ou dangers. Plusieurs études scientifiques sont en cours de publication, leurs résultats recommanderaient que les éoliennes ne soient pas implantées à moins de 2,5 km des habitations.
Ainsi, les observations cliniques du Dr Michael Nissenbaum sur deux sites éoliens dans l’État du Maine aux USA indiquent qu’il existerait une corrélation entre la distance habitations-éoliennes et les problèmes de santé des résidents.

La responsabilité des préfets engagée
Un certain nombre de médecins ont d’ores et déjà identifié de multiples troubles de santé liés à la mitoyenneté avec ces machines industrielles.
A été défini médicalement le « syndrome éolien », qui comprend l’augmentation de maux de tête (les bruits et les turbulences comme facteurs déclenchants de migraines), des bourdonnements d’oreilles à type d’acouphènes, des troubles du sommeil, une majoration des troubles anxio-dépressifs, parfois l’apparition, comme le souligne le Dr Jean-François Ferrieu, de « nausées, vertiges, palpitations, l’ensemble de ces troubles chroniques pouvant favoriser d’authentiques dépressions ».
Cette dimension n’est pas prise en compte, ou insuffisamment, par les pouvoirs publics, probablement par défaut d’information.
Pendant ce temps-là, différentes entreprises locales, qui, le plus souvent, revendent ensuite les droits d’exploitation à des sociétés internationales juridiquement très bien structurées, continuent à faire pression sur les municipalités afin d’accélérer les mises en chantier, à parfois 500 m des habitations, de parcs éoliens, car ce ne sont jamais des éoliennes isolées qui sont implantées mais des groupes aux effets démultipliés. La responsabilité des préfets est à ce jour engagée, puisque ce sont eux qui délivrent les permis de construire.

Gel des projets en cours
Au vu des éléments actuellement disponibles, il paraîtrait judicieux, par principe de responsabilité, de recommander des distances minimales de 5 km entre les éoliennes industrielles et les habitations. Idéalement, il serait souhaitable de geler dès maintenant tous les projets en cours et d’approfondir la dimension santé pour ne pas induire de nouvelles pathologies sur une grande échelle.
On arrivera aussi peut-être à la conclusion que, pour préserver la santé des humains et des animaux comme les oiseaux, les animaux d’élevage ou les chauves-souris, de précieux « insecticides » naturels qui ont fait l’objet d’un rapport de l’Académie américaine des sciences (Pnas, 29 septembre 2014), il suffirait d’interdire les éoliennes industrielles sur la terre ferme.
Dans l’actualité relayée par nos confrères de la Dépêche du midi, ce sont six élus municipaux d’un petite commune du Lot: LARAMIÈRE qui comparaissent, devant le tribunal correctionnel de Cahors, soupçonnés de prise illégale d’intérêts dans une affaire d’éoliennes.
L’affaire est inédite et les débats promettent d’être longs.
Les magistrats vont devoir estimer si six élus, dont le maire, de la petite commune de 321 habitants, aux confins du Lot et de l’Aveyron, sont les auteurs d’une prise illégale d’intérêts dans le cadre d’un projet de parc éolien, aujourd’hui abandonné après consultation des habitants de la commune.

jeudi 6 novembre 2014

Allemagne : quelles leçons tirer de l’engouement pour les énergies renouvelables ?

Une étude publiée par le cabinet « Finadvice » en juillet 2014 se concentre sur l’Allemagne, qui a réalisé la plus forte progression d’installation d’énergies renouvelables en Europe. Voici 7 leçons à retenir.


Au cours de la dernière décennie, des décideurs politiques bien intentionnés en Allemagne (et aussi dans d’autres pays européens) ont créé des politiques de soutien aux énergies renouvelables. Des lois ont imposé de généreuses subventions et des tarifs d’achat obligatoires pour financer la politique énergétique « Energiewende » qui visait une économie exempte de nucléaire et la réduction des émissions de CO2. Cette diversification à marche forcée du « bouquet énergétique » s’est révélée économiquement insoutenable et a entraîné des effets imprévus dus à cette production variable, intermittente et fatale2.
L’étude publiée par le cabinet « Finadvice » en juillet 2014 se concentre sur l’Allemagne, qui a réalisé la plus forte progression d’installation d’énergies renouvelables en Europe (hors hydraulique), notamment éolienne et solaire.
Bien que les subventions accordées par ces lois aient favorisé un impressionnant déploiement de sources d’énergies renouvelables depuis les années 2000, elles ont aussi créé un déséquilibre des marchés de l’énergie affectant la fiabilité de la production. Il en résulte des augmentations du prix de l’électricité pour la plupart des utilisateurs, ainsi que de la destruction de valeur pour toutes les parties concernées : les consommateurs, les entreprises, les services de production d’électricité et les investisseurs.
Les autres pays, dont la France, devraient tirer profit de la malheureuse expérience allemande dans le développement des énergies renouvelables, intermittentes et fatales, ainsi que de leur difficile intégration dans le réseau d’électricité.
Les sept leçons principales sont :
1) Les décideurs ont sous-estimé le coût des subventions aux énergies renouvelables et leurs conséquences sur l’économie nationale. À titre d’exemple, le programme des « renouvelables » de l’Allemagne a coûté plus de 300 milliards € (Mds€) à ce jour (y compris les montants accordés et garantis, mais pas encore payés). L’ancien ministre allemand de l’Environnement Peter Altmaier a récemment estimé que les coûts du programme atteindraient 680 milliards € en 2022. Il a ajouté que ce chiffre pourrait encore augmenter si le prix de l’électricité sur le marché baissait, ou si les règles et les niveaux de subventions n’étaient pas modifiés.
L’Allemagne paiera 24 Mds€ de subventions pour 2014. De plus, de 2008 à 2013, elle a perdu 52 Mds€ à l’exportation en raison de ses coûts de l’énergie non compétitifs par rapport à ses cinq principaux partenaires commerciaux.
2) Les prix de détail pour les consommateurs d’électricité ont considérablement augmenté. Les subventions en Allemagne, et dans le reste de l’Europe, sont généralement payées par les utilisateurs par le biais des taxes sur leurs factures. Les prix de l’électricité des ménages en Allemagne ont plus que doublé. Ils sont passés de 0,14€/kWh en 2000 à plus de 0,29€ /kWh en 2013. En Espagne, les prix ont également doublé, passant de 0,09€/kWh en 2004 à 0,18€ /kWh en 2013. Par comparaison, le prix de l’électricité domestique aux États-Unis est en moyenne de 0,10€/kWh ($ 0,13/kWh). En France, il est de 0,13€/kWh en 2014, et il est demeuré stable au cours de la dernière décennie.
3) Le modèle des prix de gros a été bouleversé en raison de la pénétration des énergies renouvelables, avec des conséquences désastreuses sur les entreprises de production. Dans le passé, les prix de gros suivaient la courbe de la demande. Dorénavant ils réagissent aux intempéries. La loi impose d’insérer en priorité la production subventionnée des énergies renouvelables dans les réseaux. En conséquence, les prix de gros en Allemagne, pour la production de base, ont chuté considérablement de 95€ /MWh en 2008 à 37€ /MWh en 2013.
La marge bénéficiaire a disparu pour les producteurs d’électricité qui ont construit et financé les centrales thermiques au gaz. Fonctionnant moins longtemps et de manière erratique, elles ne sont plus rentables. L’impact pour les actionnaires a été spectaculaire. Les électriciens allemands ont vu les actions de leurs entreprises chuter de près de 45% depuis 2010. Certains opérateurs de centrales au gaz demandent maintenant des paiements de « capacité » (c’est-à-dire être payés sans produire) pour être capable de répondre à la demande en cas de besoin pour garantir l’équilibre du réseau.
4) Les centrales fossiles et nucléaires sont aujourd’hui confrontées à de nouvelles contraintes thermiques et économiques. Elles fonctionnent maintenant dans des conditions moins stables pour compenser les variations subies des sources d’énergies renouvelables afin de maintenir l’équilibre de l’offre et de la demande. Des rénovations coûteuses seront nécessaires pour ces centrales afin de leur permettre de faire face à ces exigences opérationnelles non prévues. En conséquence, des unités de production au gaz reçoivent des compensations financières afin de rester économiquement viables et « en ligne » en cas de besoins temporaires.
5) Le déploiement à grande échelle de capacité d’énergie renouvelable ne conduit pas à une réduction de la capacité thermique. En raison de la variabilité du vent et de l’énergie solaire, il existe de nombreuses périodes dans l’année au cours desquelles la production provient principalement de centrales thermiques (à flammes ou nucléaires). Elles sont nécessaires pour doubler presque totalement la puissance de production afin d’assurer la fiabilité du système.
6) Des investissements à grande échelle sont nécessaires pour élargir les réseaux de transport. La production électrique des projets éoliens en mer et à terre situés dans le nord de l’Allemagne doit être acheminée aux consommateurs dans le sud du pays. Le coût total de l’investissement est estimé à environ 40 Mds€ au cours des 10 prochaines années. De plus, les réseaux nécessitent des investissements supplémentaires significatifs pour accueillir une part accrue d’énergies renouvelables variables et fatales. Tous ces coûts seront finalement répercutés sur les consommateurs d’électricité, en particulier les ménages pour préserver la compétitivité des entreprises.
Ce n’est pas passé inaperçu en Allemagne et dans l’UE. Un rapport a été publié fin février 2014 par une commission d’experts indépendants mandatés par le gouvernement allemand. Il a conclu que : « le programme actuel de l’Allemagne des énergies renouvelables est un moyen non rentable et inefficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et devrait donc être arrêté ».
En outre, la Commission européenne a publié de nouvelles lignes directrices, le 9 Avril 2014 (avec effet à partir de 2017) pour corriger les distorsions du marché. Elles interdisent toutes subventions du type « achat obligatoire » et préconisent la loi du marché pour les énergies renouvelables.
7) Les subventions trop généreuses et non durables ont créé une incertitude réglementaire et des risques financiers préjudiciables à toute l’industrie de production d’énergie, y compris d’énergie renouvelable.
Conclusion
Moulins à vent, éoliennesLes leçons apprises en Europe, notamment en Allemagne, montrent que l’intégration à grande échelle des énergies renouvelables fatales et intermittentes conduit à fragiliser le système électrique et économique. Le consommateur aurait dû être mieux informé de l’augmentation des prix et des compromis à faire.
Cette politique de subvention des énergies renouvelables a entraîné un déséquilibre du marché, de la destruction de valeur pour les entreprises, les services publics et les investisseurs, sans diminuer les émissions de gaz à effet de serre, ni l’indépendance énergétique.
L’Allemagne utilise à grande échelle le lignite et le charbon qu’elle tire de son sous-sol. La France devrait se rappeler qu’elle n’exploite presque aucune énergie fossile nationale. Les investissements actuels et futurs doivent être réalisés en ayant à l’esprit les leçons tirées de l’expérience allemande pour assurer la fiabilité de l’alimentation, et la stabilité des prix pour tous les utilisateurs (particuliers, services publics et entreprises).
Les responsables politiques et les ministères seraient bien inspirés d’intégrer ces enseignements dans leur planification stratégique et financière pour le bénéfice de tous.

Publié le par Michel Gay dans Contrepoints.fr

lundi 13 octobre 2014

ÉOLIEN : LE COUP DE PALE

Publié le 12 octobre 2014 dans CONTREPOINTS Par Thierry Levent.

Avec la complicité de l’ADEME et des DREAL, le territoire français est devenu un eldorado pour les promoteurs de toutes sortes.


La transitude énergétique impitoyable est en marche. Ségolène, royale durant les débats parlementaires, et ses amis groupusculaires d’EE-LV qu’il faut choyer en vue des futures échéances électorales, sont en train d’imposer au pays un avenir énergétique  idéologique non pragmatique. Les médias s’esbaudissent sur la réduction de la part du nucléaire de 75 à 50% en laissant largement s’exprimer les écologistes et les représentants des principales ONG environnementales, formidable courroie de transmission permettant une désinformation virile. Des médias compatissant avec les leaders d’opinion écologistes et un noyautage des sphères de décision au plus haut niveau, disqualifie immédiatement toute velléité d’opposition citoyenne aux décisions en cours.

L’éolien industriel est l’exemple le plus accompli de ce tour de passe-passe antidémocratique enrobé d’un emballage vert opaque. Avec la complicité de l’ADEME et des DREAL, le territoire français est devenu un eldorado pour les promoteurs de toutes sortes. Le dernier colloque du Syndicat des Energies Renouvelables (SER) confirme bien que les portes du business éolien sont largement ouvertes au mépris des territoires, des citoyens, de la biodiversité, de notre déficit abyssal, etc.

Ainsi donc, la procédure unique est considérée comme acquise, comme l’est le soutien des DREAL et des préfets de région. La procédure anti-recours (instance unique) et la limitation drastique des délais devraient considérablement restreindre les possibilités d’action des riverains, encore plus mis devant le fait accompli qu’auparavant. Le SER, avec l’aide de la ministre actuelle de l’environnement, compte sur le Plan d’Efficacité Énergétique début 2015 pour que tout soit bouclé et irréversible. L’objectif miraculeux est un 2050 avec 100 % d’électricité d’EnR. L’impératif de la filière éolienne est de boucler le plus vite possible tous les dispositifs avant de prochaines élections, car le seul risque qu’ils entrevoient est un revirement politique. Le directeur général de l’énergie et du climat du ministère de l’environnement précisait, lors de ce colloque, que tout serait bouclé début 2015. Ceci comblant d’aise le représentant du SER qui espère que, comme à Waterloo, les anti-éoliens perdront la bataille en «lançant la cavalerie au mauvais moment». Tout ceci en dit long sur le degré de connivence des différentes parties impliquées. Rappelons, par exemple, que les soit disant débats citoyens autour des Schémas Régionaux Climat-Air-Energie étaient une farce: porte ouverte aux promoteurs, au SER, aux bonnes ONG environnementales mais fermées aux opposants un peu trop remuants. La validation dite citoyenne (re) via internet permettait tout au plus d’ajouter une virgule voire de corriger une conjugaison dans un document rédigé d’avance, idem pour les conclusions.

Et les gens dans tout ça ? Aucune importance, le sauvetage de la planète passe avant toute autre considération. Quelques journalistes commencent enfin à faire remonter à la surface l’envers du décor et l’impact des « fermes éoliennes » sur les populations[1. Marianne du 3 au 9 octobre 2014-N° 911.]

La fumeuse transition énergétique en débat, va laisser des traces dans le paysage. Ce projet de loi ressemble à un marchandage se jouant sur le dos des citoyens. La non suppression de l’ICPE, unique levier pour juguler le délire implantatoire éolien, a été retirée à la condition d’un
« assouplissement » des règles, entendez par là la possibilité d’implanter des machines de 180 mètres de haut à moins de 500 mètres des habitations. Nous pouvons imaginer ce qu’endurent les populations locales réduites au simple rôle d’indigènes ruraux locaux. Étrangement ceci ne déclenche aucune réaction forcement épidermique chez José Bové, Cécile Duflot, Corinne Lepage ou une présidente du WWF pourtant très soucieux(euses) du bien être des populations.

Y aurait-il des bons et des mauvais sauvages ? Il faut dire que Denis Baupin et Cécile Duflot, souhaitent que les éoliennes industrielles soient aussi faciles à mettre en place qu’un cabanon de jardin (amendement Ref 1575) !

La parade pour tenter d ‘amadouer les rochons et faire avaler la pilule, c’est LE-FINANCEMENT-PARTICIPATIF. Celui-ci ne bénéficiera qu’à ceux qui ont les moyens d’investir dans le mépris le plus total de la majorité qui en est bien incapable. De l’écologie bobo dans toute sa splendeur. Qui a dit que celle-ci était contre la lutte des classes ? Les indignations sanitaires sélectives sont toujours d’actualité. Celles soulevées par l’impact de l’éolien industriel sur les populations riveraines ne sont évidemment pas à l’ordre du jour.

Conclusion

Collusions, conflits d’intérêt, mensonges et désinformation durable autour de l’éolien, idem pour le reste d’ailleurs. La note électorale risque d’être salée, mais les dégâts seront bien réels et eux aussi durables.

Heureusement nos députés viennent encore de ne pas sauver la planète en interdisant l’utilisation des sacs en plastique. C’est à ce genre de détail que l’on se rend compte du niveau stratosphérique du débat politique.
En attendant le syndrome de Thévenoud risque de frapper beaucoup de monde : la phobie écologico-urticarienne risque d’exploser. Vite, que Marisol Touraine s’investisse en vue d’une épidémie qui se profile !

mercredi 8 octobre 2014

LA FRANCE ENTRE LES MAINS DES PROMOTEURS ÉOLIENS !

Ce texte est un cri d’alarme à propos de la situation des projets éoliens industriels en France

IL FAUT ARRÊTER LA PROLIFÉRATION DES PROJETS ÉOLIENS INDUSTRIELS ET LE SACCAGE DE LA FRANCE !

Opposant actif, depuis plusieurs années, contre le déploiement de projets éoliens industriels en Bourgogne, en tant que président d’associations locales de défense de l’environnement et du patrimoine, j’analyse dans ce document les différentes phases et les intervenants de la réalisation d’un projet éolien industriel en France.
Alors que de plus en plus de voix s’élèvent en France contre le déploiement et la prolifération des projets éoliens industriels, que de nombreux ouvrages sont publiés par des scientifiques, des analystes économiques et financiers, que partout en France des associations de défense de l’environnement et du patrimoine se constituent pour s’opposer à la réalisation de projets locaux, que de nombreux Pays font le constat que l’éolien industriel n’est pas une solution viable pour résoudre les problèmes énergétiques et qu’il est ruineux pour l’économie et qu’il induit des risques important pour la santé des riverains, ce document en analysant chaque phase de la réalisation d’un projet éolien en France montre les freins que les pouvoirs publics continuent de mettre en place pour museler les oppositions, réduire les possibilités de recours et organiser l’ignorance des populations sur la réalité de l’éolien terrestre.
En mettant en évidence, dans chacune des phases d’un projet, les procédures de blocage ou de secret, il démontre l’organisation systématique de procédures, fruits d’une collusion entre le lobby éolien et les pouvoirs publics, permettant le déploiement des projets éoliens industriels.
Par ce moyen, le document dénonce ce scandale démocratique et démontre que les personnes sensibilisées à la problématique éolienne ne sont pas dupes de ces manœuvres politiciennes et mercantiles sans rapport avec les objectifs énergétiques et écologiques affichés.
Il montre que les très nombreuses associations sont plus que jamais déterminées à faire prendre conscience à l’opinion publique la réalité des projets éoliens et à user des moyens légaux pour s’opposer à la prolifération nuisible, inutile et ruineuse de ces projets.
En analysant tous les aspects d’un projet éolien, ce document met en évidence la volonté insidieuse des pouvoirs publics sous la pression du lobby éolien de faire en sorte que :
« rien ne puisse plus stopper la réalisation des projets éoliens en France à moins d’une véritable prise de conscience nationale ! »
Il entend dénoncer le scandale qui concoure à la réalisation des projets éoliens industriels, la collusion entre le pouvoir politique et le lobby des promoteurs éoliens, l’inadéquation des tribunaux administratifs à juger des projets industriels complexes.
Les aspects écologiques ou énergétiques des projets ne servant que de prétextes.
Les dernières positions de Ségolène Royal dans le cadre de la transition énergétique et la simplification des procédures confirment la réduction des moyens de recours contre les projets
Remarques préliminaires :
Un projet éolien n’a rien à voir avec le vent ! Le vent n’intervient à aucun moment dans le processus d’élaboration d’un projet éolien. Il n’est jamais quantifié dans les documents d’étude d’impact des permis de construire et il n’est jamais considéré par les tribunaux administratifs lors des recours. Quant un mât de mesures anémométriques est installé par un promoteur sur le site d’un projet, les données relevées sont la propriété de celui-ci qui n’a aucune obligation de les publier !
Le vent était un des critères (d’ailleurs bidon !) pris en compte lors de la création d’une ZDE. Il a été supprimé avec les ZDE.
Un projet éolien est un projet PRIVE qui n’a jamais fait l’objet d’un arrêté d’utilité publique ! Le promoteur ne peut donc se référer à aucune directive pour justifier son projet local. Le développement de l’énergie éolienne, dans son principe, est encouragé par le Gouvernement mais un projet spécifique n’a aucune légitimité propre.
Analyse des différentes phases d’un projet éolien industriel
Plusieurs phases précèdent la construction des éoliennes sur un site : démarchage des propriétaires terriens et des mairies, constitution des dossiers par le promoteur, dépôt des permis de construire, recours des opposants.
I – Phase d’initialisation des projets
Les zones potentielles permettant de réaliser des projets éoliens sont déterminées par les promoteurs à partir de certains critères : géographiques, type d’habitat, proximité de postes sources EDF pour les raccordements ... Le vent n’étant pas un critère fondamental.
Suit une phase de prise de contact avec les propriétaires terriens et les exploitants agricoles. Elle est effectuée dans la plus grande opacité par les promoteurs qui font miroiter aux propriétaires des revenus importants en y associant un discours écologique et de sensibilisation à la « sauvegarde de la planète » et sur la « nécessité de développer les énergies renouvelables ».
Le véritable acte fondateur d’un projet éolien est la signature du bail emphytéotique ou de la promesse de bail (valant bail !). Par cet acte, le propriétaire se lie de façon indéfectible au promoteur, ou ses successeurs, pour plusieurs dizaines d’années sans rétractation possible. Dans la plupart des cas, le propriétaire ignore les conséquences et ses responsabilités en cas de faillite de l’exploitant. Est-il conscient qu’en cas de défaillance de l’exploitant, il sera responsable du démantèlement de l’éolienne ? Au terme d’un bail emphytéotique, les constructions réalisées sur un terrain appartiennent au propriétaire ! Il est évident que les 50.000 € bloqués, conformément à la Loi votée sous la pression du lobby éolien, par le promoteur pour assurer le démantèlement d’une éolienne n’ont aucun rapport avec le coût réel de cette opération. La récupération des matériaux de l’éolienne ne représentant qu’une faible partie du coût. Certains composants de l’éolienne (pales en résines) sont difficilement ou pas recyclables. Quid également des centaines de tonnes de
béton et d’acier du socle de l’éolienne, enfouies dans le sol, qui ne seront pas démantelées (la Loi imposant seulement un arasement sur un mètre).
Les revenus « attractifs » que peuvent espérer les propriétaires terriens sont en réalité un piège. Une information doit être apportée par les associations quand il n’est pas trop tard !
Les projets éoliens industriels ont un impact non social en raison des dissensions qu’ils alimentent dans les villages entre ceux qui « touchent » et ceux qui subissent les nuisances.
Est-il normal qu’un propriétaire terrien puisse seul permettre la construction d’une éolienne industrielle de 150 mètres de haut qui va impacter les paysages sur de grandes distances et créer des nuisances pour toute une population ?
Les maires sont ensuite associés aux projets. Les promoteurs, en plus du discours sur l’écologie et l’impérieuse nécessité de développer les « énergies renouvelables » promettent aux municipalités des revenus importants. Souvent confrontés à des problèmes de budget, ils ne peuvent qu’être très sensibles à ces discours. Ils ne récupéreront, toutefois, au mieux, que 20 % des taxes des projets.
De plus en plus, les avis des municipalités ne sont plus que consultatifs. En effet, le pouvoir des municipalités est délégué aux Communautés de Communes auxquelles elles ont transféré la « compétence éolien ». Avec le département, ce sont elles qui bénéficient le plus des revenus des projets. A travers les Schémas Régionaux du Climat, de l’Air et de l’Energie (SRCAE) et leurs annexes les Schémas Régionaux Eoliens (SRE), élaborés par les instances régionales et départementales, ce sont plus de 90 % des communes qui sont déclarées favorables pour le développement de projets éoliens. Même les communes qui se sont prononcées contre la réalisation de projet dans leur commune sont intégrées à ces listes ! Ces documents ont été élaborés sans participation du public, en violation de la LOI qui précise que «le public doit être associé à tout projet ayant un rapport avec l’environnement » (Convention de AARHUS) (Article L110-1 du Code de l’Environnement).
Le rôle des associations locales et de la population demeure toutefois important pour faire pression sur le Maire et le Conseil municipal pour montrer leur opposition et provoquer un vote négatif de la municipalité que les pouvoirs publics ne pourront ignorer.
Les associations de défense de l’environnement et du patrimoine ont un rôle essentiel à jouer pour assurer des actions de sensibilisation et d’information de la population, pour dénoncer l’opacité des négociations avec les promoteurs et empêcher que rien ne puisse s’opposer à l’initialisation d’un projet éolien dans une commune !
Actuellement, fort des baux emphytéotiques signés par les propriétaires terriens, le promoteur peut à loisir déposer un permis de construire en Préfecture avec ou sans l’accord de la municipalité !
II – La procédure de constitution du dossier de permis de construire
Le dossier de permis de construire est réalisé par le promoteur en s’appuyant sur des cabinets spécialisés pour effectuer plusieurs études : acoustique, avifaune, chiroptères, faune-flore, paysage, patrimoine, danger.
Ces études spécifiques sont constituées essentiellement d’informations générales issues de « copier/coller » d’études précédentes avec intégration des aspects spécifiques liés
au projet étudié. Elles sont commandées et financées par le promoteur. Il est donc aisé de comprendre que les cabinets pressentis auront des « scrupules » à donner des avis négatifs sur les dossiers. Leur sollicitation pour la réalisation d’études futures en dépend !
Il existe donc un réel problème d’indépendance dans la constitution des dossiers d’études d’impacts des permis de construire des projets éoliens industriels en France.
Ci-dessous, quelques exemples d’études spécifiques fréquemment l’objet de critiques :
a) Photomontages–Etudespaysagèresetpatrimoniales
Les photomontages présentés dans les études paysagères des dossiers d’impact sont une composante importante car ils doivent permettre de se faire une idée précise de l’impact du projet sur l’environnement. Ces photomontages sont réalisés à partir de points de vues, judicieusement choisis, de façon à minimiser généralement l’impact des éoliennes sur le paysage. Outre le fait qu’ils sont réalisés par le promoteur ou par des cabinets plus ou moins liés au promoteur, ils sont élaborés à partir de logiciels complexes et coûteux que les associations locales de défense de l’environnement ne peuvent appréhender. Les associations réalisent alors des photomontages avec des moyens techniques moins « sophistiqués ».
Si, il est aisé de comprendre que les promoteurs critiquent la qualité des photomontages réalisés par les opposants, il est beaucoup plus regrettable et anormal que ceux-ci soient critiqués par les tribunaux administratifs. Ces derniers se valoriseraient en se focalisant sur la pertinence des lieux de prises de vues plutôt que sur la critique stérile de la qualité des photomontages !
b) Etude acoustique
L’étude acoustique doit être réalisée à partir de mesures effectuées dans plusieurs lieux choisis en divers points du projet sensés être représentatifs de son impact. C’est une étude très technique qui doit être effectuée par un cabinet « d’expertise acoustique » ; ce qui n’est pas toujours le cas. L’étude comporte deux parties :
-    Une campagne de mesures et une analyse des niveaux sonores résiduels réalisés aux abords des habitations les plus exposées,
- Une estimation des niveaux sonores après implantation des éoliennes avec évaluation des dépassements prévisionnels des seuils réglementaires et du risque de non-conformité.
La première phase technique s’appuie sur des mesures réalisées avec des sonomètres dans des conditions définies par la norme. Pour être significative et représentative du projet, elle doit durer suffisamment longtemps et les mesures relevées doivent être corrélées avec les classes de vent observées pendant la période d’analyse.
Ce qui pose deux problèmes importants : a) Le fait de disposer pendant la période d’étude de toutes les classes de vent; ce qui est loin d’être le cas dans la majorité des études. L’étude utilise alors des moyens mathématiques : « extrapolations » ou des « régressions linéaires » qui impactent la fiabilité des résultats,
b) Le besoin de disposer d’un mât de mesure anémométrique réglementaire (10 m) sur le site et de publier les résultats des mesures dans l’étude (ce que ne souhaitent pas les promoteurs !). Les tableaux produits sont alors contestables.
La    seconde    phase    d’ «estimation    des    niveaux    sonores    post    implantation »    est    par définition « théorique ». Elle repose sur des modèles mathématiques en liaison avec des caractéristiques des modèles d’éoliennes qui ne seront pas toujours ceux du projet. Elle peut donc, sur bien des points, être légitimement suspectée.
D’autres éléments de l’étude acoustique liée aux projets éoliens industriels doivent être dénoncés :
La valeur du seuil déclenchant la prise en compte du critère d’émergence a été élevé à 35 dBA pour les éoliennes, suite à la dérogation de l’article 26 de l’arrêté du 26 Août 2011, alors que le seuil imposé par le code de la santé publique est de 30 dBA (i.e – 3 dBA correspond au doublement du volume sonore !).
Les études acoustiques réalisées en France (sous la pression du lobby éolien et de l’autisme de Gouvernement Français) ignorent totalement les sons de basse fréquence ou les infrasons qui ne sont pas mesurés. De très nombreuses études scientifiques mondiales mettent pourtant en évidence les importantes et nombreuses conséquences des infrasons sur la santé des riverains.
« Fort heureusement, les éoliennes implantées en France sont les seules au monde à ne générer aucun bruit ni aucuns infrasons » (sic). La France pourra-t-elle ignorer encore longtemps ce phénomène et refuser de réaliser des études scientifiques sérieuses ? Ce scandale sanitaire n’a que trop duré !
c)    Atteinte aux paysages
Les atteintes aux paysages qui sont des éléments sensibles impactant la réalisation de projets éoliens industriels sont interprétées de façon différentes par les tribunaux administratifs qui s’appuient sur des jurisprudences souvent laxistes et minimisant les impacts.
-    La jurisprudence considère que « le seul constat d’un paysage emblématique, ou d’un monument classé, et de la visibilité des éoliennes dans un tel paysage n’est, en soi, pas de nature à porter une atteinte manifestement disproportionnée à un tel environnement ».
-    CAA Lyon : « Si l’ensemble du pays de Grignan (...) constitue un paysage de qualité qui mérite d’être préservé, le projet en lui-même, (...) peut, sans nier l’existence d’une vue directe depuis le village de Chantemerle, s’inscrire globalement dans ce paysage sans lui porter atteinte ».
-    CAA Marseille : « ... la perception des éoliennes en litige à partir de (...) deux lieux classés au patrimoine mondial de l’UNESCO n’est pas en tant que telle de nature à leur porter une atteinte justifiant l’annulation du permis de construire ».
A travers ces décisions juridictionnelles, il ressort : -    Qu’un projet éolien ne saurait être refusé au seul motif qu’il impacte un paysage
environnant, même à raison de sa proximité avec un monument inscrit ou classé, -    Que l’atteinte inévitablement portée par un projet au paysage ne suffit pas à
fonder un refus de permis de construire.
Cela revient à dire que la seule visibilité du projet depuis de nombreux site ou la co- visibilité avec ces derniers ne saurait caractériser une atteinte au paysage s’agissant d’éoliennes qui, en toute hypothèse, ne peuvent jamais être dissimulées et ce même dans un paysage remarquable.
L’élément « paysage » n’apparaît donc pas suffisant pour empêcher la construction d’un projet éolien industriel ?
La mobilisation des populations et des associations lors des enquêtes publiques ou des recours devant les tribunaux administratifs doit être forte pour dénoncer cette aberration.
La « convention européenne des paysages » (ou Convention de Florence) entrée en vigueur le 1er Mars 2004, est entrée en vigueur en France le 1er Juillet 2006. Il s’agit du premier traité international dédié au paysage.
Comment dans ses conditions, les projets éoliens industriels en France peuvent-il bafouer ce traité ?
d) Avifaune–Chiroptères
Les études spécifiques minimisent ou relativisent l’impact des éoliennes sur les oiseaux (i.e. grues cendrées ...) ou les chiroptères. Les parcours migratoires sont sciemment détournés. Les influences des éoliennes sur les chiroptères sont relativisées. Au mieux, dans les recommandations des arrêtés préfectoraux d’autorisation d’exploiter, des contrôles sur les mortalités devront être effectués après l’implantation des éoliennes !
Extrait de l’arrêté d’autorisation d’exploiter du projet éolien de Beaumont-sur-Vingeanne (21) (11/07/2014) : « ... Conformément à l’article 12 de l’arrêté du 26 Août 2011, un suivi post- implantation des éoliennes sur les espèces d’oiseaux et de chiroptères est organisé au moins une fois au cours des trois premières années de fonctionnement du parc puis une fois tous les dix ans.    ».
Comment peut-on adhérer à de tels propos démagogiques et irréalisables ? III – Dépôt du dossier de permis de construire
Le dossier constitué par le promoteur est déposé en Préfecture et examiné par les différents services pour en vérifier la complétude et le contenu. Plusieurs organismes qui dépendent directement des services du Préfet vont donner un avis sur le dossier.
Le Préfet peut alors décider de lancer une procédure d’enquête publique.
L’enquête publique est le moment du projet où le public est sollicité pour donner son avis et formuler toutes ses remarques sur le projet.
Dans les faits, l’enquête publique n’est souvent qu’une mascarade avec un habillage démocratique.
La commission d’enquête publique est désignée par le tribunal administratif avec pour objectif de dialoguer avec la population, recueillir ses remarques et rédiger un rapport final comportant un avis circonstancié.
Des permanences de quelques heures échelonnées sur environ un mois permettent au public d’étudier les dossiers.
Comment peut-on raisonnablement croire que la population va pouvoir étudier, sur un coin de table d’une Mairie, un dossier en plusieurs volumes comprenant plusieurs centaines de pages ?
Les statistiques montrent que, dans la très grande majorité des cas, la commission d’enquête émet un avis FAVORABLE au projet avec des prises de positions « orientées » ou « partisanes ». Dans ces cas de figure, les positions du public sont minimisées, tronquées ou même raillées. Les rapports des commissaires mettent l’accent sur les aspects positifs du projet, insistent sur l’adéquation du projet avec les objectifs du gouvernement en matière d’énergies renouvelables et sur la qualité des dossiers des promoteurs. Les considérations propres au projet étudié sont souvent minimisées au profit des grands enjeux recherchés.
A titre d’exemple, il suffit de reproduire les conclusions de la commission d’enquête publique d’un projet en Bourgogne :
« Considérant: - que le projet s’inscrit dans le cadre d’une demande de ZDE faite en temps utile, mais non aboutie pour cause de changement législatif ; - que le projet présenté a fait l’objet de toutes les formalités prévues, notamment en termes d’information et de participation du public ; - que, au vu du nombre d’observations recueillies, le public a pu s’exprimer largement ; - que le maître d’ouvrage a répondu à l’ensemble de ces observations ; - qu’après en avoir fait l’analyse au vu des information recueillies, la majorité d’entre elles s’avère injustifiée ; - que le projet répond à des orientations gouvernementales ; - que ce projet s’inscrit dans le cadre du développement durable ; - qu’à l’issue de l’enquête publique, après analyses et consultations, l’impact environnemental paraît acceptable ; - que la procédure d’enquête publique n’a révélé aucun obstacle majeur au projet ;
la commission d’enquête émet un avis FAVORABLE à ce projet ».
Ces conclusions amènent plusieurs commentaires : - elles ne contiennent que des généralités sans références au projet étudié ! - les remarques des personnes venues s’exprimer lors de l’enquête publique sont
occultées.
Comment ne pas conclure alors à la partialité de la commission d’enquête ?.
Avec des telles conclusions, pourquoi n’implanterait-on pas un projet éolien sur le « Champ de Mars » à Paris ?
Toutefois, quelques commissions d’enquête courageuses, honnêtes et impartiales émettent des Avis Défavorable en prenant en considération les remarques et les critiques des personnes venues témoigner et apporter leurs arguments d’opposition au projet Les positions des communes ou communautés de communes sont également notées.
Toutefois, même dans le cas d’un avis défavorable de la commission d’enquête, le Préfet peut passer outre et donner une autorisation d’exploiter au projet !!
On ne peut être dupe que le Préfet dispose d’une toute puissance dans ses décisions et qu’en bon «commis de l’Etat», il ne pourra que se conformer aux directives gouvernementales !
Mais, il est inadmissible que des préfets puissent se substituer à la volonté populaire et imposer celle des lobbies.
A titre d’exemple, Eric Delzant, nommé depuis un mois Préfet de la Côte d’Or et Préfet de la Région Bourgogne, a signé l’autorisation d’exploiter le projet éolien de « Bèze et Beaumont sur Vingeanne », malgré l’avis défavorable de la commission d’enquête publique, considérant que le projet « peut contribuer à l’atteinte des objectifs fixés en matière d’éolien par le Schéma Régional Climat Air Energie de la Région Bourgogne ».
Autre exemple d’un sous-préfet d’Indre-et-Loire « ... je suis très attentif à la transition énergétique qui participe à l’indépendance énergétique de la France. Je comprends les réticences mais il faut aussi comprendre la volonté de l’Etat. ».
Au quel cas à quoi sert l’enquête publique qui se veut une expression démocratique ? IV – La phase de recours devant les tribunaux administratifs
Dans le cadre de la procédure ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement), dans laquelle entrent les projets éoliens, l’arrêté d’exploiter un projet éolien pris par le Préfet est soumis à un contentieux de pleine juridiction permettant à des tiers, personnes physiques ou morales, de former des recours auprès du Tribunal administratif, dans un délai de six mois.
Les associations locales de défense de l’environnement qui se sont constituées lors de l’annonce d’un projet éolien essaient, dans la mesure de leurs moyens, de former des recours généralement avec le concours d’un avocat, spécialiste du droit de l’environnement.
Bien que la phase de recours devant les tribunaux administratifs constitue la seule voie pour des opposants aux projets de se manifester, il est évident qu’elle est inadaptée et généralement inefficace pour obtenir l’annulation d’un projet.
En effet, alors qu’un projet éolien est par nature un processus industriel, les tribunaux ne pourront juger que sur des éléments de procédure et de DROIT.
Le concours d’un avocat spécialiste du droit de l’environnement est indispensable pour que les requérants aient quelques chances de succès.
Durant la phase d’instruction, des mémoires sont constitués par les deux parties et transmis au tribunal. Les requérants font valoir tous les arguments démontrant les erreurs et l’inadéquation du projet. Les services du Préfet et le promoteur démontrant, quant à eux, l’objectivité, l’utilité et les justifications du projet. Le match est donc déséquilibré.
Un travail très important est généralement effectué par les requérants pour analyser tous les dossiers afin de démontrer les failles techniques des différentes études spécifiques du dossier d’étude d’impact.
L’avocat des requérants, pour sa part, s’attachera à trouver et démontrer les erreurs et les failles juridiques du dossier. Les échanges entre les avocats des deux parties s’appuyent essentiellement sur des éléments de jurisprudence.
Une différence de moyens juridiques, techniques et financiers est à noter entre les services du Préfet, les ressources des promoteurs et ceux des requérants.
Dans les faits, lors de l’audience du procès, le rapporteur public, qui a étudié tous les éléments transmis par les parties, ne prendra en considération que les faits de procédure et ne traitera le dossier que sous l’angle du DROIT, n’ayant évidemment pas les compétences requises pour appréhender les aspects techniques (ce n’est pas son métier !).
Les mémoires techniques fournis au Tribunal, fruits généralement d’un travail très important réalisé par les requérants, n’ont donc que peu de chance d’être pris en compte.
De la même façon, les avocats, même spécialisés en Droit de l’Environnement, ne disposent pas de la compétence technique, ni du temps considérable nécessaire, pour analyser les dossiers spécifiques : acoustique, danger, avifaune-chiroptères, patrimoine et même paysager. Bien souvent, ils se bornent à annexer les mémoires techniques réalisés par les requérants.
Quant aux failles de procédure des dossiers des promoteurs (oubli de courriers, de dépôts de pièces ...), elles sont de plus en plus rares. Les avocats ne disposent donc de plus en plus que de peu d’arguments.
Le rôle du tribunal administratif consiste donc à vérifier que le promoteur a fourni un dossier complet avec toutes les composantes requises dont les contenus n’ont que peu d’importance !
Ayant fait appel à des Cabinets spécialisés pour réaliser les différentes études, le promoteur bénéficie alors d’un préjugé favorable auprès du tribunal face aux arguments développés par les requérants.
Dès lors, quelle est l’utilité des mémoires techniques présentés lors de l’audience ?
Il est alors évident que la procédure actuelle ne correspond pas aux besoins spécifiques de recours liés aux projets éoliens industriels !
A minima, pour réaliser un arbitrage objectif et sérieux entre les arguments développés par les parties, il y aurait nécessité de s’appuyer sur des experts indépendants.
Tel n’est pas le cas, probablement pour des questions budgétaires !!! Mais alors, les recours devant les Tribunaux administratifs sont-ils appropriés ?
Est-il intéressant pour les opposants de dépenser des sommes importantes et de consacrer énormément de temps pour constituer des mémoires contradictoires qui n’auront que peu de chance d’être suivis de succès ?
De plus, dans le cas assez rare d’un jugement du tribunal administratif faisant droit aux requérants et annulant un projet éolien, c’est alors le promoteur qui fait appel avec une chance non négligeable du succès !
Les recours auprès des cours d’appel sont soumis aux mêmes procédures et aux mêmes modes de fonctionnement. Les jugements sont donc, de fait, très souvent conformes à ceux des tribunaux administratifs.
Les moyens considérables issus des profits des promoteurs leur permettent de financer des procédures d’appel, ce que des opposants peuvent difficilement assumer.
Les possibilités offertes aux personnes morales ou physiques de s’opposer aux projets éoliens industriels ne sont donc pas équivalentes à eux des promoteurs ou des pouvoirs publics.
V - Quelles sont les organisations d’opposition ?
Bien que les moyens « légaux » à la disposition des opposants, personnes physiques ou morales, pour s’opposer à la réalisation de projets éoliens industriels se réduisent de jour en jour sous la pression du lobby des promoteurs éoliens, leur détermination demeure sans faille. L’opposition de toute nature se renforce en dépit de la future Loi sur la « transition énergétique » ne fera qu’amplifier cette situation.
Les promoteurs éoliens, issus de groupes étrangers, sont très bien organisés au sein de syndicats (SER, FEE ) qui constituent des lobbies puissants disposants d’une écoute bienveillante ou de la collusion avec les pouvoirs publics.

V.1 – les associations « locales »
Partout en France, lors de l’annonce d’un projet éolien, des associations de défense de l’environnement et du patrimoine se constituent. Elles sont formées de bénévoles de culture et d’horizons très différents attachés à leur cadre de vie, à l’environnement.
Leur rôle est très important pour assurer une veille attentive au niveau local et pour s’opposer à l’opacité des projets organisée par les municipalités. Elles ont une mission d’information et de sensibilisation de la population locale.
Elles recueillent des soutiens de sympathisants mais ont beaucoup de difficultés à mobiliser des adhérents et à collecter des fonds importants indispensables pour assurer le financement des recours.
Dans les villages, elles se heurtent à la passivité, à la résignation ou à l’indifférence des populations locales. Les résidents non permanents qui ont fait le choix d’habiter dans les villages sont souvent plus motivés et disposés à s’engager pour préserver leur nouveau cadre de vie. Ils sont souvent volontairement écartés et ignorés par les municipalités, malgré l’apport économique qu’ils représentent.
Les possibilités de recours à la disposition des particuliers et des associations sont limitées par la notion « d’intérêts à agir » que les avocats des promoteurs développent dans leurs mémoires. Les « nuisances » autres que la vue directe du parc éolien depuis la propriété d’un requérant sont rarement prises en compte. De même, les objets des statuts des associations requérantes sont très importants.

V.2 – Les collectifs
A l’échelon des départements des collectifs d’associations et de particuliers se créent.
Par exemple, l’association « de défense de l’environnement et du Patrimoine du Collectif Bourguignon » (ACB) s’est constituée, sur les 4 départements bourguignons, pour fédérer des associations et des particuliers dans le but d’entreprendre des actions au niveau régional. Elle a déposé un recours auprès de la cour d’appel de Lyon contre les Schémas Régionaux SRCAE et SRE.

V.3 – Les Fédérations nationales
Deux    grandes    fédérations    nationales :    « Fédération    Environnement    Durable »    et « Vent de Colère », regroupant chacune près de 1.000 associations, agissent au niveau national.
Ces fédérations ont un rôle essentiel pour influer sur la politique nationale éolienne.
Elles assurent un important soutien auprès des associations régionales et agissent au niveau national et international.
Elles ont notamment déposé conjointement : - en 2009, un recours auprès de la cour de justice de l’union européenne contre l’arrêté ministériel fixant les tarifs de rachat de l’électricité d’origine éolienne, -    en Septembre 2014, une requête en Conseil d’Etat contre le tarif préférentiel de
rachat de l’électricité éolienne. Ces grandes fédérations nationales sont composées de bénévoles et n’ont pas
d’autres ressources que les cotisations de leurs adhérents. Elles font preuve d’un
dévouement et d’un travail remarquable en multipliant les communiqués de presse et les diffusions d’information.
Pour autant, elles demeurent difficilement audibles pour la population française. Leurs présidents ne sont que très rarement conviés à s’exprimer sur les médias nationaux : presse écrite, radios ou télévision lors de débats contradictoires. Les communiqués de presse ne sont souvent repris que partiellement par la presse, largement complice de l’Etat.
Au niveau européen, l’European Platform Against Windfarms (EPAW) fédère un nombre important d’associations et de particuliers.

V.4 - Les médias
Les grands médias nationaux : presse écrite, radios ou télévision sont pour la plupart complices de l’Etat. Ils relayent les messages du Gouvernement concernant les énergies renouvelables mais ne donnent que rarement la parole aux opposants. Les éoliennes sont systématiquement montrées pour illustrer les énergies renouvelables. Ils contribuent à l’exploitation de la peur propagée dans la population pour instaurer la nécessité de développer les énergies renouvelables en France et en premier lieu l’énergie éolienne.
La population est donc totalement maintenue dans l’ignorance du contexte éolien industriel en France. Elle pense que l’éolien industriel en France va contribuer à réduire les émissions de CO2, réduire la part du nucléaire, assurer une transition énergétique, fournir une énergie propre, écologique et renouvelable, être une source d’électricité locale et donc moins chère, être créateur d’emplois ...

Conclusion
Toutes les conditions semblent réunies pour favoriser le déploiement massif de l’éolien terrestre en France. En effet :
Le gouvernement persiste dans sa volonté de développer l’éolien en France sous la pression des écologistes et du puissant lobby des promoteurs. Il existe une collusion entre les promoteurs et le pouvoir politique. Les associations de défense de l’environnement et du patrimoine ne disposent que de moyens d’opposition limités que les pouvoirs publics s’efforcent de réduire. Les médias sont plus la plupart indifférents ou complices, se bornant à relayer les orientations du gouvernement. Il est symptomatique de constater que des éoliennes servent à illustrer les énergies renouvelables dans des reportages !

La peur du nucléaire, la lutte contre les Gaz à Effet de Serre (GES), la raréfaction du pétrole, la nécessité de mettre en place une transition énergétique sont largement repris par les médias pour instaurer un climat de peur dans la population et la persuader que le développement de l’éolien industriel est indispensable pour assurer la production d’électricité en France, pourtant largement excédentaire (>15%). La population est, dans sa grande majorité, mal informée ou ignorante et entretenue dans une pensée unique.

Les maires qui ne sont pas sensibles à l’appât de quelques revenus n’ont plus de pouvoir de blocage.
Les Préfets sont tout-puissants dans la prise des décisions d’«autorisation d’exploiter » les projets éoliens industriels et ils s’évertuent à appliquer avec zèle les directives gouvernementales sans tenir compte des contextes locaux et de la volonté populaire. Ils ne sont en poste au mieux que deux ans dans le même département.

Les tribunaux administratifs centrés sur l’examen des éléments de Droit des dossiers de recours ne s’opposent que rarement aux projets. Ils sont inadaptés à juger des projets industriels complexes.
Les promoteurs, encouragés par l’Etat, sont omniprésents.

Les pouvoirs publics s’efforcent de réduire les possibilités d’opposition et de recours des citoyens.
Alors que l’inutilité de l’éolien industriel est démontrée pour assurer une production significative d’électricité, qu’il va contribuer indirectement à l’accroissement des émissions de CO2, qu’il va entraîner des hausses importantes du prix de l’électricité et augmenter la précarité d’un nombre considérable de personnes, qu’il va aggraver le déficit de la balance du commerce extérieur de la France, qu’il a des conséquences funestes sur la santé des riverains, sur la faune, sur les paysages, sur le tourisme, les pouvoirs publics continuent à rester sourds à tous ces messages.
Sous le prétexte de l’impérieuse nécessité de mettre en œuvre une « transition énergétique » dans laquelle l’éolien industriel tient une place importante, le saccage des paysages de la France est en marche.

Comment cette situation peut-elle évoluer pour faire prendre conscience à l’opinion publique la réalité de l’éolien industriel en France ?
Seul un sursaut au niveau national peut stopper ce processus infernal que les très nombreuses associations, collectifs et fédérations tentent de dénoncer quotidiennement.
Quel « Chevalier blanc », disposant d’une aura nationale, saura brandir l’étendard de la révolte et arrêter ce massacre ?
André Desmaret (1) Président « Amis de Viviers » et « ACB » Membre de la FED
Courriel : amis.viviers@sfr.fr
(1) Ce document est personnel, il n’engage que son auteur et non les associations auxquelles il adhère.

mardi 30 septembre 2014

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : Y A-T-IL UN PILOTE DANS L'AVION ?



Publié le dans Matières premières et énergie

Par Jean-Pierre Riou.

Des sommes d’argent public d’une importance sans précédent sont engagées dans le développement éolien, symbole de la transition énergétique, engagement phare du gouvernement. Mais connaît-on réellement l’objectif de ce développement ?

Les éoliennes, bien sûr, ne sont pas plus laides que des pylônes haute tension et leur destruction est bien moins à craindre que celle d’une centrale nucléaire. Deux arguments de poids qui séduisent l’opinion publique. Mais cette opinion ne prêterait-elle pas à ces machines d’autres vertus, auxquelles elles ne sauraient prétendre et ne se ferait-elle pas quelques illusions sur la gratuité du vent ?
Au seuil du grand sommet de Paris 2015 sur le climat, les esprits s’agitent en raison des prévisions alarmantes du GIEC concernant le réchauffement climatique et des pics de pollution qui affectent les grandes villes. Ce contexte justifie l’effort financier considérable demandé à tous.

L’impact limité des énergies vertes sur le changement climatique

Pourtant, il importe de savoir que la production d’électricité ne représente que le dixième des émissions françaises de CO2 (29.5MtCO2 pour 350MtCO2 au total) et que dans notre parc de production d’électricité, exempt d’émission de CO2 à plus de 90%, seule, la production de pointe, chargée de l’adéquation avec la consommation et majoritairement assurée par les centrales « cycles combiné à gaz » (CCG), en est responsable.

Or, non seulement les éoliennes sont bien incapables d’assurer ce rôle, mais leur intermittence aléatoire augmente les besoins de ce recours aux centrales thermiques à flamme. Personne ne semble avoir remarqué que notre « modèle allemand », qui est tout de même parvenu à passer de plus de 1000Mt de CO2 annuels en 1990 à 760MtCO2 actuellement, a réussi à réduire ses émissions dans tous les secteurs, sauf celui de la production d'électricité !

Ce qui est un bien grand paradoxe quand on sait que ses énergies renouvelables lui coûtent plus de 20 milliards d’euros chaque année ! Curieusement, cette absence totale de résultat mesurable dans le domaine de la réduction du CO2 par les éoliennes est pudiquement voilée aux Français.
Elle est pourtant clairement dénoncée en ces termes par le Commissariat Général à la Stratégie et la Prospective (CGSP) : « Trois principales technologies renouvelables ont gagné en diffusion : l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse. Reconnaissons qu’aucune de ces technologies ne peut avoir de réel impact sur le changement climatique. » Et surtout, le CGSP remarque : « Chose incroyable, il n’existe aucune analyse des impacts des énergies renouvelables sur les émissions mondiales, prenant en compte l’intermittence, les cycles complets du carbone et les substitutions entre production et consommation du carbone dues aux prix élevés. »

Certaines études, comme celles de Civitas établissent même que les éoliennes, en raison de leur intermittence, entraînent une augmentation de CO2. Le développement éolien serait-il susceptible de créer des emplois ?

Les incantations à la « croissance verte » sont malheureusement démenties par toutes létudes indépendantes qui prennent en compte les principaux paramètres. Chacun de ces emplois verts, lourdement subventionné, détruirait plusieurs emplois existants, entre 3 et 4 selon les études.
En tout état de cause, le rapport des 400 experts de l’ANCRE indique que le secteur éolien emploie 5 fois moins de personnes que n’importe quelle autre filière conventionnelle, en phase d’exploitation. Et que penser de la phase de construction, pour laquelle nos entreprises n’ont pas installé un seul MW éolien sur notre sol en 2013 ?


La commission européenne a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme, par la voix de M. Tajani, son vice-président, qui considère que cette course chimérique entraîne un massacre systématique de notre industrie. Démonter ces aérogénérateurs géants, qui défigurent nos paysages et bouleversent les cadres de vie, serait, assurément, bien plus créateur d’emploi. D’autant que l’impasse qui se dessine pour les énergies intermittentes permettrait, pour une fois à la France, d’être précurseur dans une filière d’avenir.

L’indépendance énergétique a bien été évoquée parmi les atouts de la filière, puisque nous n’aurions pas à importer le vent. Les prévisions 2014 de RTE dissipent à nouveau les illusions.
En effet, pour la première fois, la France, jusqu’alors premier exportateur mondial d’électricité (AIE 2013), ne sera plus en mesure d’assurer sa propre alimentation dès l’hiver prochain. Elle sera dépendante de la production de ses voisins européens, eux-mêmes menacés d’un black-out, aussi bien en cas d’épisode anticyclonique de grand froid qu’en cas de surproduction des énergies aléatoires, comme celle des éoliennes allemandes qui a déjà fait trembler les responsables de l’équilibre du réseau européen et qui est clairement décrite dans le rapport de l’ENTSO E.

Marché de dupes
avion pilote rené le honzec 

La raison de cette fin de notre indépendance énergétique est la concurrence déloyale des aides publiques et du tarif obligatoire accordés aux éoliennes qui ont amené les centrales conventionnelles à fermer leurs portes. Nombre d’élus ne jurent pourtant que par ce développement pour « valoriser » leurs territoires grâce aux retombées fiscales. C’est faire semblant de ne pas savoir que chaque éolienne (2MW), qui coûte 200 000€ chaque année à la collectivité (860 millions d’euros de surcoût 2014 pour 8500MW, selon la délibération CRE du 09/10/2013), ne permet en réalité que le retour d’une bien maigre partie de cet effort de tous les ménages, même les plus modestes, à savoir environ le dixième de la somme versée. Ce qu’on peut bien qualifier de marché de dupes.

Les prophètes de la transition énergétique s’obstinent à vouloir faire rimer « intermittent » et « durable », deux notions qui, par nature, sont pourtant antinomiques.  Et pour tenter de résoudre cette quadrature du cercle, ils multiplient les surcoûts par les subventions rendues nécessaires aux centrales conventionnelles afin d’éviter leur fermeture, par des milliers de km de lignes haute tension supplémentaires pour optimiser les interconnexions dans le but de valoriser le prétendu « foisonnement » des vents français et européens, par les milliards d’euros (7Md€) destinés au développement des « compteurs intelligents » supposés plier la consommation aux caprices météorologiques et par la course insensée au stockage de l’énergie, dans laquelle l’état actuel des technologies et des connaissances ne permet pas d’envisager de solution à moyen terme pour un coût acceptable.

Cette obstination permet ainsi de payer 5 fois chaque KWh… pour aboutir donc à une pénurie et sans même savoir s’il sera possible, un jour, de gérer l’augmentation programmée de cette intermittence. Non seulement il n’est pas raisonnable de consacrer une telle quantité d’argent public dans la promotion de cette intermittence qui ne tient aucune de ses promesses, mais il est difficile de trouver une seule bonne raison pour dispenser cette filière d’assumer elle-même les surcoûts considérables entraînés par l’incertitude de sa production.

L’argent public n’étant pas renouvelable, chaque euro engagé pour ce soutien manquera cruellement dans des domaines comme l’isolation des habitations, infiniment plus créateur d’emploi et dont l’impact sur les émissions de CO2 n’est plus à démontrer. Le tableau ci-dessous, élaboré par « Sauvons le Climat » et présenté par J.M. Jancovici devant le Sénat finira peut être de convaincre ceux qui croient encore au fameux « foisonnement » des vents qui est supposé lisser les productions européennes.

La production nationale, quant à elle, variant avec une amplitude allant de 1 à 100, avec 63MW le 15 novembre 2012 et plus de 6000 un mois plus tard, le 27 décembre.
riou
Pourquoi nous parle-t-on si peu du formidable potentiel de la géothermie dont les ressources ne sont pourtant pas intermittentes ? Et sommes-nous donc tellement convaincus que les énergies de demain ne sauraient être contrôlables pour échafauder toute l’organisation du secteur électrique autour de cette intermittence ?

En tout état de cause, le recours à l’énergie nucléaire ne semble même pas remis en question, puisqu’au moins un nouvel EPR doit voir le jour d’ici peu. Fort heureusement, des signes explicites annoncent la fin prochaine de la récréation.

La commission européenne vient de réduire considérablement les possibilités de subvention, les difficultés financières se multiplient dans la filière,  des dévalorisations d'actifs sont cachées aux actionnaires et l’impasse vers laquelle nous précipite le développement forcené des énergies intermittentes se dessine de plus en plus clairement.

C’est la raison pour laquelle le Traité de Lisbonne a cru devoir rappeler la souveraineté des États en matière de mix énergétique, ce que confirme le projet de nouveau cadre d’action de la Commission européenne en matière de climat et d’énergie pour 2020/2030, qui supprimerait le caractère contraignant pour les États du respect de leurs engagements dans le domaine des énergies renouvelables.

Ce contexte a rendu les banques de plus en plus frileuses dans ce secteur d’investissement. Faut-il y voir la raison du recours croissant à l’argent public par la BPI, la Caisse des dépôts, les « projets citoyens participatifs » ou autres miroirs aux alouettes ?

Warren Buffett aimait répéter que lorsque son chauffeur songeait à acheter, c’était qu’il était grand temps de vendre. C’est bien exactement ce qui se passe dans le domaine éolien. Même le risque financier est désormais engagé avec notre argent.

Peu de politiques ignorent, en fait, les incohérences de ce développement. Elles ont été clairement exposées dans l’avis développé par J.M. Le Guen à l’Assemblée Nationale, enregistré en octobre 2013. Cet avis, qui mérite une lecture attentive, confirme les signaux d’alerte de la Cour des Comptes, du Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective, comme ceux de la Commission Européenne ou des énergéticiens européens. Les études indépendantes sont accablantes pour tous les secteurs dans lesquelles les éoliennes se présentaient comme une solution. D’autres études existeraient-elles, qui plaideraient pour les atouts de ces « Jurassic parcs éoliens » selon l’excellente expression de L. Grangeon ?

En tout état de cause les demandes en ce sens au ministère de l’Écologie restent à ce jour sans réponse. Quand un homme honnête s’aperçoit qu’il s’est trompé, il a le choix entre cesser de se tromper ou bien cesser d’être honnête. Le dilemme étant, bien sûr, encore plus épineux en cas de promesse électorale sur un créneau porteur. Il faut du courage, car il peut en coûter cher de vouloir « faire évoluer les choix politiques». Mais l’art du pilotage ne demande-t-il pas de savoir éviter les obstacles ?

La transition énergétique est strictement contemporaine à la crise économique que traverse l’Europe. Les subventions qui lui sont consacrées sont d’une ampleur inédite. Ses répercussions sur les compétitivités nationales et les finances publiques sont considérables. La responsabilité de cette politique erratique dans l’effondrement de l’économie européenne devra inévitablement être étudiée. Des slogans publicitaires ne sauront suffire.